Note 800: Assez plus. C'est-à-dire: principalement. Le latin dit:
præcipuè.
Note 801: Le païs. C'est-à-dire, sans doute, les établissements
religieux du pays.
Note 802: Charlemaine. Carloman.
Note 803: Mais. C'est-à-dire: ou plutôt.
Maintes églyses et maintes abbaïes restaura et édifia, desquelles plusieurs sont cy nommées: le moustier Saint-Philebert[804], le moustier Saint-Florent, le moustier de Carioz, le moustier de Conches, le moustier Saint-Maixent, le moustier de Grandlieu, le moustier Saint-Savin, le moustier Saint-Théofrit, le moustier Saint-Passant, le moustier Sainte-Marie-des-Pucelles, le moustier Sainte-Ragonde, le moustier Saint-Deuthère en la terre de Thoulousain, et plusieurs autres qui ne sont pas ci nommés. A l'exemple de luy faisoient plusieurs des prélas, et non mie tant seulement les évesques, mais les gens lais qui restoroient les églyses qui estoient cheues, et en faisoient aucunes nouvelles. Si estoit jà la chose commune si bien gouvernée et en si grant proufit portée, que combien que le roy feust en son palais ou hors du royaume, à paine fust trouvé aucun qui se plaignit de tort ou de grief que on luy eust fait; car le roy avoit accoustumé à séoir aux plais du palais trois fois en la sepmaine, pour oïr terminer les causes.
Note 804: Saint-Philebert. Saint-Philibert-du-Pont-Charrau, en Poitou, aujourd'hui village du département de la Vendée. Saint-Florent, en Anjou, aujourd'hui hameau du département de Maine-et-Loire, près de Saumur.—Carioz. Charrou.—Conches. Conques, en Rouergue, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de l'Aveyron.—Saint-Maixent, en Poitou.—Grant lieu, Maulieu, en Auvergne.—Saint-Savin, en Poitou, à quatre lieues de Montmorillon.—S.-Theofrit vulgò S.-Chaffe, dans l'arrondissement de Puy en Velay.—Mabillon avoue ne pouvoir reconnoître les abbayes de S.-Pascent et d'Uter ou Deuthere.—Sainte-Marie, en Limousin.—Sainte-Ragonde. Sainte-Radegonde, en Poitou.
En ce temps, envoya le père au fils l'un des contes du palais, qui Archambaut avoit nom, pour aucunes parolles du père au fils et du fils au père; et quant il fu retourné à son seigneur, il luy compta l'ordonnance de choses qu'il avoit veues au royaume d'Acquitaine, et la grant paix dont le peuple s'esjoïssoit par le sage gouvernement du roy. De ce fu le père si liés, qu'il commença à plourer de joie et dist à ceux qui en tour luy estoient: «O seigneurs! grant joie devons avoir, quant nous qui sommes viels sommes surmontés par les sens de ce jeune homme.» Et puis si toucha une parole de l'Évangile et dist: «Pour ce qu'il a loyalement multeplié le besant, son seigneur luy a baillé et donné le pouvoir en la masse et en tout le royaume son père.»
[805]En ce temps, trespassa Charles, l'un de ses frères; et Pepin l'autre, qui roy estoit de Lombardie, estoit jà trespassé long-temps avoit devant. Plus n'y avoit que luy demouré de tous les hoirs masles de son père; et pour ce estoit en luy mise toute l'espérance de tout le royaume. Et en ce point envoya Guerri l'évesque de Capes[806] au père, pour conseil querre d'aucunes besoignes. Tandis comme il demouroit là pour attendre la response, plusieurs furent, François et Allemans, qui luy distrent qu'il amenast le roy et qu'il venist à son père, et que il se tint désormais près de luy; car vieillesse et le dueil de ses fils qui mors estoient l'avoient moult afleboié. Cil Guerris retourna et compta au roy ceste chose. Le roy à son conseil se conseilla, et ils luy loèrent[807] presque tous qu'il le féist. Mais le roy eut conseil de soy-meisme né ne voult ainsi faire, pour ce que le père ne l'eust soupçonneux, et qu'il n'y notast aucune chose; pour ce n'y voult pas aler, ains demoura en Acquitaine. A ceulx à qui il avoit guerre et qui paix lui requirent donna trèves jusques à un an.
Note 805: Vita Ludovici Pii.—XX.
Note 806: L'evesque de Capes. «Capis prælato.» Le contre-sens étoit difficile à éviter. Il falloit mettre: le préposé aux oiseaux de proie, ce qu'on a plus tard nommé le fauconnier. Voy. Ducange, au mot capus.