Note 921: Les lais. Les laïcs.
XVII.
ANNEES: 831/832.
Coment l'empereur envoia querre la royne Judith, et coment elle se purgea du blasme que les traiteurs li mettoient sus; et coment Berart offri son gage du blasme de la royne. Coment l'empereur chastoia Pepin, son fils, de ses mauvaises meurs, et coment il fu mis en prison.
[922]Après ces choses que vous avez oïes, repaira l'empereur à Ais-la-Chapelle pour yverner. Son fils Lothaire tint adès[923] avec luy, puis envoia querre la royne Judith que les traiteurs avoient envoiée en essil en Acquitaine, au moustier Sainte-Ragonde, et ses deux frères Conrat et Rodulphe, qu'ils avoient fait tondre en abbaïe; mais oncques ne voult-elle à luy habiter né porter honneur d'espouse, jusques à tant qu'elle se feust purgiée, selon les lois, du blasme que les traiteurs luy avoient mis sus. De ce se purgea loyaulment si comme elle dut.
Note 922: Vita Ludov. Pii.—XLVI.
Note 923: Adès. Toujours; les Italiens disent dans un sens analogue: Adesso.
A la feste de la Purification qui après fu, donna l'empereur la vie à tous ceulx qui estoiènt jugiez à mort. Ses trois fils qui avec luy estoient renvoia en leurs contrées; Lothaire en Italie, Pepin en Acquitaine et Loys en Bavière; et il demoura à Ais toute la saison, jusques après la Résurrection. D'Ais se départit et alla en Ingeleham. Là n'oublia pas sa débonnaireté et sa miséricorde, qui avec luy estoit créée et née, ainsi comme dit Job, et qu'il avoit apportée du ventre de sa mère. Car tous ceulx qu'il avoit envoiés en essil pour leurs meffais, rappela et leur rendit leurs héritages et leurs possessions. Et tous ceulx qu'il eut fait tondre en abbaïes, fist-il aussi rappeller, ceulx qui revenir s'en voulloient. Après s'en alla vers Remiremont, par Vousge trespassa[924], et se déporta là, une pièce de temps, en pescheries et en chasces de bois. Son fils Lothaire qui à luy estoit venu envoia en Italie. Vers le mois de septembre tint parlement à Théodone[925]; à celle assemblée vindrent trois messages de par les Sarrasins d'oultre-mer. De ces trois furent les deux Sarrasins et le tiers Crestien. Paix et amour requeroient. Divers présens aportoient d'espices aromatiques et draps de soie. Ce qu'ils requistrent leur fu octroié. Congié prisdrent et puis s'en retournèrent.
Note 924: «In partes Rumerici montis, per Vosagum transiit.» Par les
Vosges.
Note 925: Theodone. Thionville.