[242]La tierce de ses batailles fu en Espaigne et en Gascogne, en ce meisme temps que celle de Sassoigne duroit moult efforciement. Si trespassa les mons de Pirene; chastiaux et cités prist partout là où il ala, puis retourna en France, sain et entier à tout son ost, sé ce ne fust un poi de meschief qui luy avint à son retour, au trespasser des mons, par le malice des Gascons.
Note 242: Eginh. vit. C. M.—IX.
[243]La quarte de ses batailles fu contre les Bretons qui habitent en une partie de France par devers Occident, sur la grant mer. Car en ce temps n'estoient pas obéissans[244] au royaume de France, (jà soit ce que nous trouvons escript ès gestes du roy Dagobert que le roy de cette Bretaigne, qui avoit nom Judicael, lui fist hommage de tout son royaume[245]). En cette besoigne envoya le roy Charlemaines aucuns de ses princes qui la terre mistrent en subjection.
Note 243: Eginh. vit. C. M.—X.
Note 244 Obéissans au royaume. Les textes imprimés d'Eginhard portent: Dicto audientes non erant. La traduction de nos chroniques prouveroit qu'il y avoit: Dicto obedientes, ce qui vaut évidemment mieux.
Note 245: Cette phrase est du traducteur.
(Voy. Dagobert I, A° 635.)
La quinte de ses batailles si fu en Italie, en Puille et en Calabre et en terre de Labour, contre le duc Aresige. Mais le duc se mist du tout en sa volonté sans bataille faire, et luy envoya ses deux fils, Raymont et Grimaut, qui grant avoir luy donnèrent pour avoir sa paix et sa concorde; Grimaut le mainsné retint en ostage, et Raymont l'ainsné renvoya à son père, et avec luy les messages, pour recevoir la féaulté de la gent de la terre. A tant vint à Rome pour l'apostole honnourer et aourer, puis retourna en France.
III.
ANNEE: 768.
Des quatre dernières batailles que il eut en son temps.