Note 272: Samoncy. Château royal de l'ancien diocèse de Laon.

Note 273: De Saint-Denis. Cette phrase est du traducteur, et prouveroit contre le sentiment d'Hinemar que Carloman ne fut pas enseveli à Reims.

Note 274: Carbonat. M. Guizot traduit: la terre de Carbone. C'est peut-être Corbéni, entre Laon et Reims, aussi nommé Corbenacum.

Note 275: Voici le texte édite de l'annaliste: «Nam uxor ejus et filii, cum parte optimatum, in Italiam profecti sunt. Rex autem hanc corum profectionem quasi supervacuam impatienter tulit.» Ce passage donne beaucoup à penser. M. Guizot l'a plus mal rendu que notre traducteur: «Le roi désapprouva comme inutile ce départ.» Je pense que Charlemagne eût bien autrement désapprouvé ce départ, s'il eût pu servir la cause des enfans de son frère, et qu'il faut entendre quasi, par, pour ainsi dire, ou que l'on doit lire comme le vieux traducteur: Quasi supervacuam patienter tulit.

Note 276: Eginh. Annal. A° 772.

Le roy assembla parlement de ses barons en la cité de Garmacie, pour ce qu'il vouloit ostoier en Sassoigne. Ses osts assembla et entra en la terre; toute la degasta par feu et par occision. Un fort chastel prist, qui a nom Hereboure[277]. Là trouva une des ydoles des Saisnes qu'ils appelloicnt Yrmensule; despécier et ardre la fit le roy; si demoura illec pour trois jours; mais comme l'ost demouroit là, le rus et les fontaines séchèrent pour la presse du temps. Si estoit tout l'ost, hommes et femmes et bestes à grant détresse, que ils ne trouvoient que boire; et moult souffroient grant mesaise de soif quant nostre Seigneur les visita, que il ne voulloit pas que son peuple fust à si grant meschief; car il avint que quant ils se reposoient en droit heure de midi en leurs tentes, nostre Seigneur leur envoia l'eau toute nouvelle, par le conduit d'un ruissel qui estoit de lès les hesberges, au pié d'une montaigne, à si grant plenté que il suffisoit aux hommes et aux bestes de l'ost. Après la destruction de ces ydoles s'en partit le roy et son ost de ce lieu, et vint au fleuve de Wisaire[278]. Là vinrent à luy les Saisnes, et luy livrèrent douze ostages. Après retourna en France, et fist la feste de Noël et de Pasques en la cité de Haristalle.

Note 277: Herebourg. Latin: Eresburgum. C'est aujourd'hui Stadsberg, en Westphalie, sur le Dimel et sur les confins du comté de Waldeck. Au reste, il est encore permis de douter que cette idole d'Irmensul ait été, comme nous rassure M. Guizot, un monument grossier, élevé par la reconnoissance des Germains en l'honneur d'Arminius, vainqueur de Varus.

Note 278: Wisaire. Le Weser.

En celle année meisme laissa-il la fille Desier de Lombardie, que la royne Berthe sa mère luy avoit pourchaciée. Une autre espousa après qui avoit nom Hildegarde. Née estoit de Souave et femme de grant beauté et de grant noblesse[279]. Le pape Adrien qui plus ne pouvoit souffrir né endurer la persécution né les griefs que le roy Desier et les Lombards faisoient à l'Églyse de Rome, envoia en France au roy Charlemaines un message qui avoit nom Pierre; moult luy prioit qu'il le deffendist du roy Desier et des Lombards qui tant faisoient de griefs à l'Églyse de Rome et aux Romains. Et pour ce que le message ne pouvoit passer par Lombardie pour les guerres et ennemis de l'Églyse qui le païs gardoient, vint par mer jusques au port de Marseille; de là vint par terre jusques en France. Le roy trouva en une ville qui a nom Theodone[280] où il avoit demouré une partie de l'yver; son message conta, puis retourna à Rome par celle meisme voie que il estoit venu.

Note 279: Eginh. Annal. A° 773. Les deux phrases précédentes parfaitement intercalées dans le texte des Chroniques, sont traduites de la Vita Caroli magni.—XVIII.