Note 265: Frontenoy. Latin: «Francicum,» ou «Frontiacum.» C'est Fronsac, à cinq lieues de Bordeaux. La ville actuelle est située au-dessous de cet ancien château dont il ne reste plus rien.
Quant les messages furent retournés et luy eurent le duc rendu et sa femme et ses enfans, et le chastel fut fondé et aucques ediffié, il retourna en France pour célébrer la sollennité de l'Advent nostre Seigneur en une ville qui lors estoit nommée Durie[266]; et celle de la Résurrection, à St.-Lambert du Liége.
Note 266: Durie, ou Duren, dans le diocèse de Julliers.
En une cité qui lors estoit appellée Garmacie[267], assembla le roy général parlement du peuple et des barons. La royne Berthe, mère des deux roys, parla tandis à Charlemaines le mainsné, pour mettre entre eulx paix et concorde, en une ville qui lors estoit appellée Salucie[268]; car il i avoit lors entre eux contens. Puis mut en Lombardie, et de là à Rome pour aourer les apostres. En France retourna quant elle eut faite la besongne pour quoy elle estoit là alée.[269] Et la cause de celle voie fu pour requerre la fille Desier de Pavie pour Charlemaines son ainsné fils. [270]La solennité de Noël célébra le roy en Bourgoigne, et celle de la Résurrection célébra à Valenciennes en Haynaut; chief est de la Conté et si siet sur la rivière de Caux.
Note 267: Eginh. Annal. A° 770.—Garmacie. Worms.—Général parlement du peuple et des barons. L'annaliste dit seulement: «Populi sui generalem conventum.»
Note 268: Salucie. «Apud Salusiam.» C'est aujourd'hui Seltz, sur les bords du Rhin, à trois lieues de Haguenau.
Note 269: Annales Moissiacenses.
Note 270: Les phrases suivantes traduisent fort mal le texte des Annales. «Karolus autem rex natalem Domini in Moguntiaco, sanctumque Pascha in villâ Haristallio celebravit.—A° 771. Peracto, secundum morem generali conventu super fluvium Scaldam, in villâ Valentianâ,» etc. Ce qui aura le plus dérouté notre traducteur, c'est Moguntiaco, dans lequel il aura cru voir Macon, au lieu de Mayence.—Rivière de Caux ou d'Escaut.
[271]En ce temps qu'il yvernoit au païs, son frère le roy Charlemaines trespassa en la ville de Samoncy[272] en la seconde nonne de décembre. (Mis fu en sépulture en l'églyse de Saint-Denis en France, de lès le roy Pepin son père[273]); et le roy vint pour recevoir tout le royaume en une ville qui a nom Carbonat[274]. Là attendit les barons et les prélas du royaume; hommage et féauté luy firent ainsi comme ils avoient fait à son frère; car la royne, qui femme eut esté son frère, elle et son fils et une partie des barons s'en estoient alés en Lombardie. Mais le roy n'en faisoit pas grant force, car il savoit que celle voye ne luy feroit guères de profit[275]. La feste de Noël célébra en la ville d'Atigny, et celle de Pasques en une autre ville qui a nom Haristalle. [276]En ce temps trespassa le pape Estienne; après luy fu un autre qui avoit nom Adrien.
Note 271: Eginh. annal. A° 771.