Note 386: Cette phrase est mal entendue; il falloit: «Savoir mon en tant que homme, sé il estoit fils propre ou fils adoptif de Dieu.» Secundum id homo est, proprius an adoptivus Dei filius credendus esset.
Note 387: Au palais. L'annaliste ajoute: «Regis qui tunc apud Reginum Bajoariæ civitatem residebat.» Ainsi l'empereur fait venir un évêque d'Aquitaine en son palais de Ratisbonne, pour lui faire rendre compte de ses opinions en matière de foi!
L'ainsné des fils le roy qui Pepin avoit nom fist en ce temps coujuracion contre son père entre luy et une partie des François. La raison de ceste conjuracion si fu, comme ils disoient, pour ce qu'ils ne povoient plus souffrir la cruauté de la roy ne Fastarde. De ceste traïson fu le roy acointié par un Lombard qui avoit nom Fardulphes; et pour ce qu'il en eut le voy accointié premièrement, et qu'il garda sa loyauté envers le roy, il le fist rendre en l'abbaïe Saint-Denis; et tous les autres qui eurent esté parçonniers de la traïson furent dampnés selon la loy des chiefs perdans et d'autres paines[388]; car les uns curent les chiefs couppés, et les autres furent occis de glaives, et les autres furent pendus. Tout cel yver se tint le roy en Bavière pour la bataille qu'il avoit receue contre les Huns. Et fist tandis faire un pont de nefs sur la Dynoe pour passer et rapasser sans encombrer toutes les fois que mestier en seroit. En ce païs meisme fist la sollennité de Noël et de Pasques.
Note 388: Et d'autres peines. Le latin est mal rendu, ou plutôt c'est une faute du copiste; il eut fallu: Selon la loi des chiefs perdans à diverses peines, etc. «Ut rei læsæ majestatis partim ladio cæsi, partim patibulis suspensi, etc.»
[389]Moult désiroit le roy mener à fin la guerre qu'il avoit receue contre les Huns. En ce point qu'il ordonnoit ses besongnes pour entrer en Pannonie, nouvelles luy vindrent que les osts du conte Thierri qu'il avoit menés par Frise eurent esté entrepris en un détroit qui avoit nom Riuste. Là avoient souffert estour par les Saisnes, et au derrenier avoient-ils esté desconfis[390].
Note 389: Eginh. Annal. A° 703.
Note 390: Voici la phrase latine: «Nuntiatum est copias quas Thedericus comes per Frisiam ducebat, in pago Rhiustri juxtà Wisiram à Saxonibus esse interruptas atque deletas.»—Estour. Lutte.
Quant le roy oï ces nouvelles il en fist moins de semblant qu'il put et feignit le dommage, pour la noblesse de son courage; et pour plus hastivement prendre vengeance de ses ennemis qui ce luy avoient fait, il laissa le propos que il avoit d'aller en Pannonie sur les Huns. Aucuns de sa gent le firent entendant que ils avoient esprouvé que ce seroit son preu et son avancement qu'il feist faire un fossé entre deux fleuves; si avoit nom l'un Radance et l'autre Halomore[391]; et fussent ces fossés si larges et si profons qu'ils peussent bien porter navire de la Dynoe au Rin. Car l'un des fleuves chéoit en la Dynoe. Le roy vint à ce lieu à tout son ost; celle euvre commença, et fist mettre moult grant plenté d'ouvriers, tout le mois de septembre, à faire ces fossés entre les deux fleuves; si orent deux mille pas de long et trois cens de large. Rien ne valut ceste besongne à la fin; car l'euvre ne se put tenir fermement, pour la terre qui estoit mole de sa nature et meismement pour la continuance des plouages qui eurent esté en ce point. Et ce que les ouvriers jettoient à mont en deux jours ou en trois, reçuloit tout à val en une heure de nuyt.
Note 391: Halomore. «Cùm ei persuasum esset à quibusdam si inter Radantiam et Almonum fluvios fossa navium capax duceretur, posse commodè è Danubio in Rhenum navigari; quod alter Danubio, aller Moeno miscetur.» M. Guizot traduit: «Il étoit alors convaincu que s'il pouvoit creuser un canal capable de porter bateaux, entre les fleuves du Rednitz et de l'Almone, dont l'un joint le Mein et l'autre le Danube.» Puis en note, il ajoute: «L'Almone nom que lui donne Eginhard; on ne sait pas bien de quelle rivière il veut parler.» On sait très-bien que l'Almonus est la rivière d'Altmuhl, qui a sa source en Franconie, et se jette dans le Danube entre Ingolstad et Ratisbonne.
Tandis comme le roy demoura pour celle besongne, lui vindrent deux paires de mauvaises nouvelles. L'une fut que les Saisnes s'estoient du tout retournés contre luy, et l'autre que les Sarrasins estoient entrés en sa terre par devers Espaigne et s'estoient combattis aux François qui les marches gardoient; si en avoient maint occis et s'en estoient retournés à grant victoire. Le roy qui moult fut troublé de celle victoire et de ces nouvelles retourna en France. La Nativité et la Résurrection célébra sur un fleuve qui a nom Moene, près d'une ville qui a nom Saint-Chilien[392].