Note 537: Monach. S. Gall. lib. I, cap. II.

Note 538: Par surnom Alcuin. Cette parenthèse est du traducteur.

Et comme il fu si grant philosophe et si merveilleux maistre en toutes escriptures, si estoit-il de haulte vie et aourné de mœurs et de vertus. De luy aprist l'empereur moult de sciences libérales, si l'appelloit son maistre et se nommoit son disciple. Mais en l'art de grammaire fu son maistre Pierre le Pisan. Plus ententivement s'estudioit l'empereur en l'art d'astronomie et du cours des estoiles que en nulle autre science.

[539]La religion de la foy crestienne cultiva et garda dignement et saintement. En l'églyse que il fonda à Ais-la-Chapelle, en l'onneur de Nostre-Dame, mist colompnes de marbre qu'il fist venir de Rome et de la cité de Ravenne pour ce qu'il ne les povoit avoir d'autres lieux.

Note 539: Eginhardi Vita Caroli Magni, cap. XXVI.

L'églyse fréquentoit au matin et au soir, et par nuit aux matines sans nulle paresce, et mettoit grant estude que l'office de sainte Églyse feust en grant révérence. Les ministres admonestoit souvent qu'ils ne souffrissent nulle deshonnesteté né nulle ordure. La manière de chanter et de lire amenda, comme cil qui bien s'en savoit entremestre; mais il ne lisoit nulle fois en l'églyse né ne chantoit, fors en commun aucunes fois et en basse voix[540]. Sur tous autres lieux avoit en mémoire et en révérence l'églyse de Saint-Père de Romme. Moult y donna grans richesces en or et en argent, en soye et en pierres précieuses. Aux apostoles meisme envoia souvent grans dons. Tout le temps qu'il régna comme empereur mist grant peine et grant estude que la cité de Romme feust en tel estat et en telle authorité comme elle avoit esté anciennement. En quarante et sept ans qu'il régna la visita quatre fois tant seulement.

Note 540: Eginhardi Vita Caroli Magni, cap. XXVII.

[541]La raison pourquoy il y ala la derrenière fois si fu pour refourmer et mettre en paix l'Églyse de Romme qui moult estoit troublée; (car les Romains avoient trop laidement traitié le pape Léon et luy avoient les yeulx crevés et la langue coupée[542]. Mais nostre Seigneur Dieu luy rendit sa langue et ses yeulx par miracle si comme istoire tesmoingne ailleurs que cy, plus plainement). Là demoura le roy tout cet yver. La dignité de l'empire ne receut pas de sa volenté: pour ce dist-il le jour de son couronnement que s'il eust sceu le conseil de l'apostole tout feust-il grant feste et sollennelle comme le jour de Pasques, il ne feust jà entré en l'églyse le jour.

Note 541: Eginhardi vita Caroli Magni, cap. XXVIII.

Note 542: Cette parenthèse n'est pas traduite d'Eginhard.