Note 274: Philippe Mouskes vante cependant Jean de Nesles, châtelain
de ruges:
«Messire Jehans de Niele,
Maint hiaume à or i desmiele;
S'il fu grans, teus cos i féri
Com à si fait cor afferi.»
Mais la Chronique de Saint-Denis mérite plus de confiance.
Note 275: Commotus. Une leçon latine porte: Cornutus.
Note 276: «Cum ocreæ consutæ essent pannis loricæ.»
Endementres que il le tenoient ainsi et le contraignoient à lever de terre, il regarda entour luy, si vit venir Arnoul d'Audenarde et aucuns chevaliers qui forment se hastoient luy secourre; et quant il les vit vers luy venir, il se laissa couler à terre et fainst qu'il ne se peust ester sur ses piés, en espérance que cil Arnoul le délivrast. Mais ceux qui entour luy estoient le frappoient de très grans coups, et le firent par force monter sur un ronsin; et cil Ernoul et tuit cil qui avec luy estoient fuient pris et retenus.
Après ce que tuit les chevaliers de la partie furent mors ou pris ou eschapés par fuite, et tuit cil de la mesnie Othon eurent le champ voidié, estoient encore enmy le champ sept cens sergens à pié, preux et hardis, nés de la terre de Brebant[277], que ceux de delà avoient mis par devant eux pour mur et pour deffense contre la force de leur ennemis. Le roy qui moult bien les apperceut, envoya contr'eux Thomas de St-Walery, noble chevalier et digne de louenge.
Note 277: Nés de la terre de Brebant. Guillaume le Breton écrit: Brabantiones, et c'est peut-être les Brebançons ou Coteriaux, dont il a voulu parler, plutôt que des guerriers du Brabant.
Cil Thomas avoit en sa route cinquante chevaliers bons et loiaux nés de son pays, et deux mille sergens à piés. Quant luy et sa gent furent bien rdenés, il se férirent en eux ainsi comme le lous affamé se fiert entre les brebis; et jasoit ce que il fust moult travaillié de combatre luy et sa gent, comme cil qui avoient fait merveilles d'armes en celle journée, il les desconfist tous et prist, par merveilleuse prouesce. Si avint la chose qui moult fait à merveilles: car quant il eut nombré toute sa gent après celle victoire, il n'en trouva défaillant que un seul; et cil fu quis et trouvé entre les mors. Aux héberges fu aporté et livré aux phisiciens qui le rendirent sain et haitié en assez pou de temps après.
Le roy ne voult pas que ses gens enchaçassent les fuians plus d'une mille, pour le péril des trépas mal congneus, et pour la nuit qui approuchoit, et meismement pour ce que les princes et les riches hommes qui pris estoient n'eschapassent par aucune aventure, ou qu'il ne fussent ravis et tollus par force à ceux qui les gardoient; car c'estoit une chose de quoy le roy se doubtoit moult. Lors sonnèrent trompes et buisines pour donner signe de retour à ceux qui encore enchaçoient; et quant toutes les compaingnies furent retournées de l'enchas, il s'en alèrent tous aux heberges à grant joie et à grant léesce.