[402]: Velly a suivi une mauvaise leçon de nos Chroniques, quand il a dit que le roi s'étoit rendu à Notre-Dame de Chartres en quittant Saint-Denis. Sur vingt manuscrits, dix-neuf portent Notre-Dame de Paris. Le continuateur de Nangis dit la même chose, et personne n'a pu discuter ce point d'histoire, sinon d'après la continuation latine de Nangis et les Chroniques de Saint-Denis. Cela n'a pas empêché l'académicien Moreau de Mautour de prétendre, dans le tome II des Mémoires de l'Académie des Inscriptions, p. 300, que la statue équestre d'un roi de France, placée avant la révolution à l'entrée de la grande nef de la cathédrale, étoit celle de Phllippe-le-Bel. Son opinion, suivie par Velly contre le sentiment de Montfaucon est pourtant insoutenable, puisqu'aucun historien contemporain ne dit que Philippe-le-Bel soit entré dans la cathédrale de Paris armé de pied en cap, ni qu'il ait fait don de ses armes à cette église; tandis qu'on conserve à Chartres, avec l'armure de Philippe-le-Bel, une inscription annonçant qu'elle a été offerte à Notre-Dame de Chartres par Charles-le-Bel, au nom de son père et en mémoire de la victoire de Mons-en-Puèvre. (Voyez les précieuses études de M. Allou sur les armures. Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome XIV.)—Il est fâcheux qu'un historien aussi grave que Velly ait, après cela, dit de l'opinion que nous soutenons: «C'est une erreur qui n'a aucun fondement dans les histoires de ce temps-là.» (T. VIII, p. 221.) Il est fâcheux surtout de lire dans Dulaure, au lieu des regrets que devoit lui inspirer la destruction révolutionnaire d'un monument aussi curieux, aussi inoffensif: «Cette statue équestre n'intéressoit que comme monument du costume et de l'état des arts de ce temps.» N'étoit-ce donc rien?
[403]: De Cany. Le no 218 le nomme le Doyen; et les éditions imprimées, le Canu. De là nos historiens modernes ont fait le Chauve.
[404]: S'enfui. «Par le conseil d'aucuns de Flandres des Gros.» (Msc. 218.) Les Gros étoient les gens du parti opposé au comte de Flandres.
[405]: Soudainement. «En alant en Poyto dont il estoit nez chéi de son cheval soudainement et morut en plain chemin ... Et le sail du roy que il avoit par sa présumpcion porté avec luy fu raporté au roy à Paris. Ice chancelier estoit nommé Jehan de Serchoemont, qui avoit esté solemnex avocat en parlement.» (Msc. 218.)
[406]: Laquele leur dit, si comme l'en disoit, que son fils qui estoit né de roy ne feroit pas hommage à fils de conte. Et que Phelippe de Valois qui roy de France se nommoit gardast bien que il fasoit; et que son fils estoit plus près et prochain pour le royaume de France avoir que il n'estoit.» (Msc. 218.)
[407]: Froissart a été très exact dans le récit qu'il a fait de cette entrevue. (Liv. 1, part. 1, chap. 52.)
[408]: Au lieu des derniers mots jusqu'à l'alinéa, et du texte même de la confirmation de la charte d'hommage, les éditions imprimées portent seulement: «C'est assavoir que le roy d'Angleterre luy fist hommage de ce qu'il tenoit en la duché d'Acquitaine et en la conté de Ponthieu.—Lors furent les joustes, etc.»
Le texte important de cette confirmation n'est inséré aux Chroniques de Saint-Denis que dans le bel exemplaire de Charles V, msc. 8395. Pour l'y placer, Charles V fit faire ce que nous appelons aujourd'hui deux cartons. Il est facile de le reconnoître en comparant ces cartons aux folios 256 et 259 qui les précédent et suivent. On peut voir aussi cette confirmation, moins correctement transcrite, dans la nouvelle édition de Rymer, tome 2, part. 2, p. 815. Nos historiens françois modernes ne semblent pas en avoir eu connoissance; du moins tous s'accordent-ils à dire que l'hommage d'Amiens avoit parfaitement satisfait le roy de France. Mais ce fut seulement en 1331 que le fier Edouard consentit à donner à Philippe de Valois ce gage d'une fidélité à laquelle il devoit si tôt après se montrer parjure. Ainsi, la date de la confirmation que l'on va lire rendoit encore les prétentions subséquentes de l'Angleterre plus odieuses.
[409]: Voici les termes de ce premier hommage d'après Rymer (nouvelle édition, vol. 2, 2me partie, page 765): «Je deviens vostre homme de la duché de Guyenne et de ses appartenances, que je claime tenir de vous, comme duc de Guyenne et pair de France, selon la forme de paix faite entre vos devanciers et les nostres; selon ce que nous et nos ancestres, roys d'Angleterre et ducs de Guyenne, avons fait pour la mesme duché à vos devanciers, roys de France.—Ce fut fait à Amiens, chœur de la grant églyse, l'an de grace mil trois cent vint et neuf, le septiesme jour de juin, etc.»
[410]: Marie, fiancée et puis mariée en 1329 à Guy, fils aîné de Hugues IV, roi de Chypre.