Le trente-cinquiesme. Que des forès du roy il a osté tout le plus bel.

Le trente-sixiesme. Que le séneschal d'Auvergne luy donna set cens livres.

Le trente-septiesme. Une femme de Sens qui avoit forfait cors et avoir, luy donna huit cens livres et ainsi fu assoute.

Le trente-huitiesme. Que un bidaut[295] estoit accusé à court de pluseurs cas, il luy donna pluseurs dons et ainsi fu assous.

Le trente-nueviesme. Que il fist pluseurs estans en Normendie, esquiex il ajousta pluseurs héritages du roy.

Le quarantiesme. Que il peupla lesdis estans des poissons des estans le roy, et en i mist jusques à la value de dix mil livres.

Le quarante-et-uniesme. Que il avoit fait commandement aux trésoriers et aux maistres des comptes, que pour mandement que le roy fesist, que il n'obéissent sé il ne véoient ainsois son séel.

Adonc ices articles dis et fénis et pluseurs devant ses iex approuvés, si ne luy fu en nule manière donnée audience de soy deffendre, fors que l'évesque de Biauvais, son frère, demanda copie des articles devant dis; et, ice fait, de rechief au Temple en prison fu ramené et serré fermement en bons liens et en aniaux de fer, et gardé très diligeamment.

[296]Après, en l'an de grace ensuivant mil trois cent et quinze, comme on traitast par une voie moyenne contre le dit Enguerran, renommée courut que à l'instance de la femme Enguerran estoient faites images de cire pour envoulter le roy et messire Charles et autres barons. Et estoient iceux vouls de cire en telle manière fais et ouvrés que sé longuement eussent duré, les devant dis roy et conte, chascun jour, n'eussent fait que amenuisier, defrire et séchier, et en brief les eussent fait de male mort mourir. Lors par la volonté de Dieu et par son jugement, par aventure occulte fu sceu et aperceu d'aucuns, et tantost fu noncié à Charles de Valois; laquelle chose Charles de Valois entendue, et de ce moult esbahi, lors au roy de Navarre Loys son neveu vint isnelement, et luy raconta teles felonnies, desloiaux et détestables fais. Lequel roy Loys, chascun jour, pourtraitoit envers le dit conte la délivrance du dit Enguerran, et tant, si comme l'en dist, avoit jà fait et procuré envers ses adversaires que le devant dit Enguerran devoit passer mer et aler en Chypre, et ilecques, jusques au rapellement du devant dit conte Charles, et jusques à sa bonne volenté, devoit estre, si comme l'en dit, en essil condampné, sé cette maudite aventure et fortunable endementiers ne fust avenue. Et adonc le roy Loys quant il ot ces félonnies entendues et ces dyaboliques forfais de la femme Enguerran par son consentement, lors si fu moult esbahi, et dist à Charles son oncle: «Je oste de luy ma main, et puis des ore en avant ne m'en entremets; mais selon ce que vous verrez bien expédient et avenant luy faites.» Adonc le roy Loys ice dist, Charles conte de Valois qui autre chose ne queroit fors que le roy soy abstenist de luy deffendre, et qui jà avoit la dame de Marigni, avec sa seur la dame de Chantelou fait prendre, et dedens le Louvre à Paris fait metre en prison; et l'autre boisteuse maudite avec le dit Paviot en Chastelet, les vouls avec eux amenés et aportés, avoit fait emprisonner, et estre détenus en estroite garde; lors adecertes en ce fait non reposant, le samedi devant l'Ascension de Nostre-Seigneur Jhésucrist, si fist au bois de Vinciennes pluseurs barons et chevaliers avec aucuns pers de France assembler, et ilec furent démonstrés aucuns des forfais Enguerran de Marigni, et les autres détestables félonnies et dyablies de sa femme faictes, et, si comme l'en dist, de luy premièrement proposées. Lors par le jugement d'aucuns barons, pers, chevaliers et barons du royaume de France pour ce ilec assemblés, Enguerran fu condampné à mourir pour estre pendu. Et ce fait, le mardi ensuivant, très bien matin, du Temple au Chastellet, en une charete, tout ferré de ses ferreures, fu amené, disant le peuple après et de ce esjoissant: Au gibet, au gibet soit amené!

LXXVI.