[44]: J'en ai jusqu'à présent reconnu quatre manuscrits: deux dans la Bibliothèque impériale, un à l'Arsenal, un autre dans le précieux cabinet de mon honorable ami M. Ambr.-Firmin Didot.
[45]: Robert de Boron semble penser ici que Dieu avait interdit l'arbre de la science du bien et du mal, parce que la pomme fatale devait ouvrir leur imagination aux appétits charnels, et les priver ainsi de l'innocence dans laquelle ils avaient été créés. «Et ils virent qu'ils étaient nus,» se contente de dire la Genèse.
[46]: «Marie prit ensuite une livre d'huile de senteur d'un nard excellent et de grand prix, elle en lava les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux; et la maison fut embaumée de cette liqueur.—Alors Judas l'Iscariote, qui devait le livrer, dit: «Que n'a-t-on vendu cette liqueur trois cents deniers et que ne les a-t-on donnés aux pauvres?» Ce qu'il dit, non qu'il s'intéressât pour les pauvres, mais parce que c'était un voleur, et qu'étant chargé de la bourse, il avait entre les mains ce qu'on y mettait.» (S. Jean, chap. XI, v. 3.)
[47]: Passage remarquable qui semble répondre au développement de l'axiome: Fais ce que je dis, non ce que je fais. On voit ici que Robert de Boron n'hésite pas à regarder Pierre comme le chef de l'Église. On ne retrouvera plus cela dans le Saint-Graal.
[48]:
Séans ot un vessel mout grant,
Où Crist faiseit son sacrement.
Il serait naturel d'entendre par ce mot sacrement l'institution de l'Eucharistie. Cependant l'auteur semble plutôt désigner ici le bassin dans lequel Jésus-Christ avait lavé ses mains en rendant grâces après le repas. Il y aurait alors une méprise du copiste, qui aurait mis sacrement au lieu de lavement. On sait que saint Jean est le seul qui ait parlé du lavement des pieds, et qu'il n'a rien dit de l'Eucharistie. C'est peut-être parce que les inventeurs de la légende du Graal connaissaient seulement l'Évangile de saint Jean, qu'ils conçurent l'idée d'un vase eucharistique qui donnait cette autre explication de la présence réelle, dans le sacrifice de la messe.
[49]: Le nom grec de lance est λογχη, d'où l'on a fait Longin, nom propre du soldat qui avait ouvert de sa lance le côté de Notre-Seigneur.
[50]: Cette circonstance se trouve dans l'Évangile de Nicodème.
[51]: La peinture, au douzième siècle, employait constamment l'or sur les tablettes qui recevaient le dessin et la couleur, soit pour remplir les fonds, soit pour varier les vêtements.