[65]: «Une lieuve galesche.» Je crois que ces lieues sont les milles, dont les Anglais ont le bon sens de préférer le nom traditionnel à celui de double kilomètre.

[66]: Ancien synonyme de petit logis. Il est encore usité par les bûcherons et forestiers.

[67]: Ce mot reviendra si souvent qu'il faut le conserver: c'est une terre non cultivée, comme il y en avait tant alors.

[68]: «Requéist de sa perde» (ms. 759), «reçut» ms. 747.

[69]: Il y a dans ce préambule plusieurs points très-obscurs qui pourraient bien être autant d'interpolations, et se rattacher à l'intention qu'avaient les Assembleurs de faire du prêtre, auteur de la légende latine, le fils de Nascien, ou Nascien, dont on va bientôt parler. Ainsi l'allusion au combat mortel «des deux plus vaillants chevaliers du monde,» ainsi le «chemin de Pleurs,» peuvent s'appliquer au dernier épisode des romans de la Table ronde. Après la mort du roi Artus, Nascien, ou le fils de Nascien, aurait renoncé aux armes pour prendre l'habit religieux, et c'est alors qu'il aurait eu la vision qui lui ordonnait de transcrire le livre divin du Graal. Rien n'était assurément plus absurde que de faire d'un prêtre du huitième siècle le contemporain d'autres personnages appartenant les uns au premier, les autres au cinquième siècle de notre ère. Mais, au temps de Philippe-Auguste, on ne reculait pas encore devant de pareilles énormités. Les siècles passés ne semblaient former qu'une seule et grande époque, où se réunissaient toutes les célébrités de l'histoire; comme dans la toile peinte par Paul Delaroche pour l'hémicycle de l'École des Beaux-Arts.

[70]: Non sa sœur, comme dans le poëme. Var. Éliab.

[71]: Tolomeus ou Tholomée est le nom francisé Ptolémée; car les syllabes initiales pto, sta, spa, stra, répugnaient à l'ancienne langue française: on supprimait alors la première consonne, ou on la faisait précéder de la voyelle e, qui rendait la prononciation supportable.

[72]: «Cil qui tel ordre auront, des ores en avant le rechevront de Josephe par toutes les terres où je metrai et toi et ta semence.» Voilà le point où l'Église bretonne se séparait de l'Église catholique. Elle ne voulait pas que ses prélats reçussent leur consécration du Pape de Rome, et réclamait ce droit en faveur de l'archevêque d'York, élu lui-même par le peuple et le clergé breton. Mais cette prétention schismatique, ne menaçant pas d'être contagieuse et n'ayant pas empêché le souverain pontife, au moins à partir de la fin du dixième siècle, de présider au choix ou de sanctionner l'élection des prélats gallois et bretons, la cour de Rome, toujours sage et prudente, ne s'éleva pas contre l'exposition romanesque des origines de l'Église bretonne. Armée de l'incomparable autorité de l'Évangile: Tu es Petrus, et super hanc petram, etc., elle laissa dire les romanciers, et ne rechercha pas le livre latin sur lequel ils s'appuyaient sans en divulguer le texte original.

[73]: Ici le romancier ajoute que cette chaire était encore de son temps conservée dans la ville de Sarras, sous le nom de Siége spirituel. Jamais homme n'eut la témérité de s'y asseoir sans être frappé de mort ou privé de quelqu'un de ses membres. Plus tard, le roi d'Égypte Oclefaus essayera vainement de la mouvoir: quand il voudra s'y asseoir, les yeux lui voleront de la tête; il sera, le reste de ses jours, privé de l'usage de ses membres.

[74]: C'est la distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel.