L'homme bien élevé.

L'homme peut se montrer bien élevé, correct, sans grands efforts.

Mais, malheureusement, dès que nos fils endossent l'uniforme de collégiens, ils jugent bon d'adopter un langage trivial et les allures sans façons qu'ils gardent en entrant dans le monde. Ils traînent les pieds en marchant, balancent les bras, se vautrent dans les fauteuils et, s'ils cessent de parler d'eux, ils n'ont dans la bouche que des récits de chasses, de jeux, de sports, etc.

C'est une erreur de ranger dans la catégorie des petits-maîtres, l'homme élégant et soigné de sa personne; un brin de coquetterie ne lui messied pas et on est mieux accueilli partout, quand on flatte l'amour-propre des gens.

L'homme bien élevé peut avoir les ongles abîmés par certains travaux, mais il les a toujours propres; il ne doit pas abuser de bijoux; rarement des épingles de cravate ornées de brillants. Sous prétexte de sans-façon, certains hommes sortent dans des négligés peu convenables. Ils ont bien tort quoique nous ne préférions pas à ces personnages le petit-maître musqué qui fait tous les jours des pauses d'une heure chez le coiffeur et qui mire sa frimousse dans toutes les glaces des devantures.

Il est de mauvais ton de se rendre à son travail habillé comme un notaire qui va faire signer un contrat ou d'aller à la campagne en costume noir de cérémonie.

Si, dans la rue, l'homme bien élevé rencontre une femme qu'il connaît et que ses relations avec elle soient assez intimes pour qu'il se croie autorisé à lui parler, il doit tenir le chapeau à la main jusqu'au moment où la dame lui dit «couvrez-vous donc», ce qu'elle ne manque jamais de faire à l'instant.

L'homme offre le bras gauche à une femme; le militaire, le bras droit, à cause de l'épée.