Le jeune homme.
A notre époque, malheureusement, les jeunes gens ne sont plus jeunes ou ne veulent plus l'être.
Ils affectent un dédain profond pour la danse, les amusements discrets, les salons et se tiennent comme des misanthropes, dans les coins.
Il faut que ce soient les patriarches qui fassent sauter la jeunesse, et les jeunes gens (qui, entre nous, s'amuseraient fort bien s'ils dansaient et quelquefois même en grillent d'envie) regardent avec un sourire, qu'ils veulent rendre amer et qui n'est que ridicule, les gracieux enchevêtrements d'un quadrille ou la charmante valse; ayant l'air de dire: Dieu! comme nous sommes supérieurs à tout ce monde!
Le jeune homme de nos jours est pris entièrement par les sports de tous genres; c'est malheureux, car s'il détient le record de la bicyclette, s'il nage comme un poisson et monte à cheval comme un centaure, il ne sait plus baiser la main d'une dame, rendre sa conversation agréable, se mettre à la portée des enfants et des vieillards.
Je ne veux certes pas que le jeune homme soit mignard, mièvre, mais il doit être «le jeune homme» avec la fougue, les illusions de ses vingt ans, une pointe de gaieté; cette qualité toute française ne lui messied pas et il est vraiment fâcheux de voir nos fils se montrer «des petits vieux».
Le respect de la femme est trop souvent lettre close pour eux; ils apportent au salon des conversations d'écurie, et les termes sportifs, incompréhensibles pour beaucoup, émaillent leur conversation; heureux encore s'ils ne commettent pas de calembours et ne répètent pas, se croyant infiniment spirituels, les bons mots des échotiers.
Le jeune homme doit respecter non seulement sa mère, sa sœur, mais encore la femme dans la grande et noble acception du mot.