Ceux qui nous servent.
Je ne vais pas m'occuper des domestiques de haut parage. Ce genre de monde est régi par un majordome ou intendant qui se charge de les gager et les renvoyer, qui veille à ce que le service se fasse mathématiquement. L'intendant reçoit les ordres et les transmet; c'est lui qui paye les gages et donne les gratifications.
Les domestiques de haut parage sont des serviteurs bien dressés, qui entrent, saluent, font leur besogne et se retirent; souvent les maîtres ne connaissent que le visage de ceux que leur service appelle immédiatement auprès d'eux.
Lorsqu'une maison est montée sur ce pied, cela suppose une fortune immense; il y a une hiérarchie établie entre les domestiques et ils s'appellent entre eux la haute et la basse domesticité.
Les dames sont, de nos jours, beaucoup plus femmes de ménage qu'il y a trente ans; il n'est plus de bon ton de tout laisser gaspiller.
N'est-ce pas un bel éloge que de s'entendre reprocher son ordre et son économie?
En effet, mieux vaut se passer une fantaisie, quelque frivole soit-elle, que de tout laisser au pillage; d'autant, qu'en somme, cela ne profite à personne.
J'engagerai toujours à dire «s'il vous plaît», «voulez-vous»; c'est le savoir-vivre des maîtres.
Les serviteurs qui répondent d'un ton aigre, acerbe, sans parler à la troisième personne, ont bien tort; non seulement ils manquent au savoir-vivre, mais si en quittant une maison ils ont pris ces habitudes, ils ne pourront pas se placer dans une autre d'un ordre plus élevé et, par conséquent, monter en grade.