Je respecte tellement les fleurs, je les aime si fort, qu'il m'arrive de les caresser d'un effleurement discret, aussi bien la rose de Noël douce et rosée que la giroflée de muraille, ce lilas du pauvre.

Pour les petits bouquets, il est des vases à cinq places qui forment un gentil milieu de table.

Rien de joli comme une branche de lilas blanc avec un feuillage d'un vert tendre, dans un cornet de cristal rose.

Les anémones doubles déployant et reployant leurs corolles, semblables à des collerettes finement plissées, sont des fleurs bien économiques, eu égard à leur durée: un bouquet peut, avec quelques soins, exister huit jours; c'est long, pour une vie de fleur.

Le houx, aux rouges baies, scintillantes comme des perles de corail d'un collier d'Italienne, avec son feuillage piquant, ayant l'air d'être verni, fait de jolies corbeilles et dure longtemps; on ne le met pas dans l'eau, on le pique dans du sable humide.

Le gui, si en vogue depuis quelques années, est appelé porte-bonheur par les petits marchands qui le crient dans les rues: est-ce parce qu'il nous vient des druides?

Quoi qu'il en soit, ses baies, d'un blanc cireux, sont admirées et la branche de gui, coutume anglaise, se suspend, en compagnie de la branche de houx, au lustre du salon, vers le temps de Noël.

Pour les dîners de Noël, les réveillons, on voile discrètement la lumière de la suspension par des entrelacements de gui et de houx; l'effet est fort joli.

Lorsqu'on a un arbre de Noël à faire et qu'on n'y veut suspendre que des présents légers tels que: éventails, dentelles, bijoux, fleurs, une forte branche de houx peut très bien remplacer le sapin légendaire.

Des fleurs ravissantes sont les chrysanthèmes, avec leurs teintes irréelles et leurs échevèlements fantastiques; en sachant marier les nuances, on obtient des effets imprévus, d'une richesse de coloris inouïe.