»Notre ordinaire se composait en majeure partie de conserves. Pour varier, cependant, nous mangions de l’ours et du phoque deux fois par semaine. Nous avions aussi du lard avec des haricots ou du bœuf salé une fois tous les huit jours; nous ne buvions jamais de rhum ni aucune autre boisson alcoolique, sauf les jours de grandes fêtes, c’est-à-dire deux ou trois fois par an.

»Comme combustible nous recevions cinquante livres de charbon pour la cabine et le poste des matelots; la cuisine n’en recevait également que quatre-vingts, car nous étions obligés de faire des économies sur ce chapitre.

»Malgré ce régime, un peu sévère, la discipline fut toujours parfaitement observée, et pendant les vingt et un mois de notre captivité, une seule punition fut infligée. Encore n’était-ce pas pour une infraction aux règlements nautiques, ni pour insubordination, mais bien pour un acte d’impiété.

»Au point de vue sanitaire, les règlements étaient strictement observés, et chaque mois tous les hommes de l’équipage étaient soumis à une inspection médicale. Aussi la santé générale se maintint-elle dans les meilleures conditions, eu égard au genre de vie que nous étions forcés de mener. D’un autre côté, les matelots jouissaient réellement d’un confort relatif.

»Mais ce qui contribua sans doute, au moins dans une certaine mesure, à soutenir le moral de nos hommes furent les divertissements auxquels donnèrent lieu les fêtes de Noël et du premier de l’an.

»Le jour de Noël, tous les hommes de l’équipage, réunis en corps et vêtus de leurs habits de gala, descendirent dans la cabine pour nous présenter leurs compliments.»

Chacun d’eux reçut un bon de faveur pour la table des officiers, où ils prirent part à un véritable festin, dont M. Newcomb nous a conservé la carte, que nous reproduisons ci-dessous:

Potage.

Soupe à la Julienne.

Poisson.