J’ai l’honneur de vous informer de mon arrivée à Boulouni le 17 courant. Toutes mes provisions, excepté les viandes sèches et les viandes salées, se trouvent également ici.

Je partirai le 22 courant pour me rendre à Buchoff (Bykoff?) afin de me procurer des chiens et du poisson. J’y achèterai en même temps des vivres frais. Le reste de la troupe, avec notre convoi de provisions, quittera Boulouni le 25 courant, pour se rendre à Matvaïh, qui sera le centre de nos recherches, et qui se trouve à environ trois cents verstes plus au nord.

Je rejoindrai mes compagnons à Matvaïh, dès que j’aurai réuni à Buchoff le nombre d’attelages et la quantité de poisson dont j’ai besoin.

La neige est très épaisse et le temps terriblement tempêtueux, les opérations de toute la troupe se ressentiront donc plus ou moins des conditions atmosphériques.

J’ai l’honneur, etc.

G.-W. Melville.

Après l’envoi de cette dépêche, M. Melville resta jusqu’au 12 mars sans donner de ses nouvelles. Pendant ce laps de trois semaines, il s’était rendu au cap Bykoff (Buchoff dans l’original), pour s’y procurer des chiens et du poisson, comme il l’annonce dans la dépêche précédente. Notre intention n’est point de nous étendre davantage sur ce voyage qui se trouve raconté succinctement dans la dépêche que nous reproduisons plus bas, mais nous ferons remarquer cependant que cette dernière ne parle nullement de Matvaïh et qu’elle est envoyée de Cath Cartha.

Cath Cartha, delta de la Léna (Sibérie orientale),
le 12 mars 1882.

A l’honorable secrétaire de la marine, Washington.

Monsieur,