Les lignes parallèles ou brisées, les chevrons, les feuilles de fougères et les quadrillés qui composent le dessin de ces émaux ont un caractère purement gaulois. L'ornementation est la même que celle qu'on voit figurer sur le bouclier du guerrier gaulois dont la statue est au musée d'Avignon. Il est donc de toute vraisemblance que les couleurs mentionnées par les écrivains et dont nous avons parlé plus haut comme resplendissant sur les boucliers des chefs gaulois, n'étaient autres que des émaux.
IV EXTÉRIEUR DE L'OPPIDUM
Nous ne citerons que pour mémoire différentes lignes de retranchements échelonnés sur les flancs de la montagne.
En-dehors de l'oppidum, quelques plateaux placés sur les contreforts, devaient être occupés au moins en temps de guerre. Ils n'ont point été explorés.
On sait que dans le système gaulois chaque tribu faisait bande à part. Ainsi César rapporte, qu'autour de Gergovie, les Gaulois avaient couvert la montagne de camps particuliers: Galli usque ad murum oppidi collem compleverant.
Ce mode de campement n'a rien que de très naturel, si l'on songe que les oppidum étaient un lieu de refuge universel et que l'occupation des mamelons était nécessaire pour garantir les abords de la place.
Tels étaient à Bibracte: le mont Glandure au N., le Plat des Gaulx à l'E., le Ceris et le mont Audué au S. qui forment une longue et étroite chaussée dominant d'une part la vallée de Malvaux, et la route taillée dans le roc qui longe cette vallée, et de l'autre les voies et passages qui conduisent à l'oppidum du côté du sud-est.
La chaussée se termine par un promontoire qui commande la vallée de la Roche-Milay et le cours de la Séglise. C'est au milieu de cette crête qu'est situé le rocher dit du Pas de l'âne, au sommet duquel se trouve une petite excavation ordinairement remplie par les eaux pluviales.
Cette cuvette qui--selon toute apparence--était l'objet d'une vénération particulière chez les Gaulois a été transformée, par la légende chrétienne en une empreinte du pas de l'âne de Saint-Martin.