On lit dans un conte dévot qu'après la mort de sainte Léocade, les Tolédans voulurent avoir son corps. Sur ce, le vieux rimeur s'écrie:
Jà por tote lor nigremance,
Ne la r'aront, bien le lor mant ce.
(De seinte Léocade, par Gautier de Coinsi, v. 2031. Fabliaux et Contes, édit. de 1808, t. I, p. 336.)
Renard
.... A Toulete en est venus
Où il refu moult bien conus,
Car autrefois i eut esté
Tout un ivier et un esté.
Apris avoit del nigremance.
Onques ne fu clerc qui en France
Séust tant des enchantemens,
D'apresté et d'esperimens.
(Renart le nouvel, tome IV du Roman du Renart publié par Méon, p. 107, v. 2949.)
On lit dans une pièce sans nom d'auteur, qui se trouve à la suite d'un manuscrit du Roman de la Rose, lequel est en ma possession:
Et il est cornart et deceu
Qui de tail créance est meu.
Jà n'ert par lez ars de Tolete
Fine amour quise ne parfete, etc.
On trouve dans un ancien livre espagnol une histoire intitulée: De lo que contescio a un Dean Sanctiago con don Illan el magico que morava en Toledo[29], et dans le Second Livre des serées de Guillaume Bouchet, sieur de Brocourt (à Rouen, chez Louys Loudet...M.DC.XXXIV, in-8o, dixneufiesme serée, p. 193) on lit: «Il falloit...que le miroüer fust fasciné, et garny de magie diabolique de Tolette.»
Enfin, voyez Morgante maggiore, canto XXV, ottava 42, 81 et 259, et Pantagruel, liv. III, chap. 23, et consultez, sur les écoles de magie d'Espagne, Walter Scott, the Lay of the last Minstrel. London: printed for Longman... 1805, in-4o, p. 235-38. Dans une note de H. Weber (Metrical Romances, vol. III, p. 329), on lit l'histoire d'un magicien qui, après avoir étudié en Espagne, étoit parvenu à enfermer le diable dans une bouteille, mais par malheur la bouteille se brisa.—On sait que l'étude de l'astrologie, de la magie et des sciences naturelles étoit l'occupation favorite des Arabes d'Espagne, et qu'un nombre prodigieux de leurs livres étoient déjà traduits en latin dans le XIIe siècle, et répandus ainsi par toute la chrétienté. «Irrepsit hac tempestate (XIIIo sæcul.) etiam turba astrologorum et magorum, ejus farinæ libris una cum aliis de arabico in latinum conversis.—Hermanni Conringii de Scriptoribus XVI post Christum natum seculorum commentarius, etc. Wratislaviæ, apud Michaelem Hubertum, M DCC XXVII, in-4o, p. 125. Voyez enfin Warton's History of english Poetry, édit. de 1825, t. II, p. 235 et suiv.