Nigremanche, magie noire, ars nigra, black art, et non pas divination par les morts, νεχρομαντεἱα, comme on l'a dit souvent. Je sais bien que cette étymologie est contraire aux principes de la science; mais nos pères n'y regardoient pas de si près.

Page 1, vers 10.

Le mot caudes signifie évidemment ici queues, soit que l'auteur se soit servi d'une expression qui s'est conservée de nos jours parmi le peuple, soit qu'il ait fait allusion à une pratique magique qui nous est inconnue.

Page 1, vers 14.

Malfé, mauvais, le diable. Nos ancêtres craignoient de nommer le diable par son nom; pour cela il le désignoient par l'épithète de mauvais ou d'ennemi[30]. Les exemples tirés de nos anciens auteurs étant trop nombreux, il est inutile de les citer, nous nous bornerons à renvoyer à Pantagruel, liv. III, chap. XI, et à rappeler qu'il existe un livre intitulé les Temptacions de l'Ennemi[31], et que dans la pièce de Shakspeare, Measure for measure, acte II, scène 2, Angelo s'écrie:

O cunning enemy, that, to catch a saint,
With saints dost bait thy hook!

Voyez Illustrations of Shakspeare and of ancient manners, etc., by Francis Douce. London: printed for Longman, etc. MDCCCVII, deux volumes in-8o, t. I, p. 128, et surtout p. 99-101.

Il paroît que parler au diable lui-même étoit une grande distinction pour un magicien. Dans le Miracle de Théophile, par Rutebeuf on lit: Ici vient Théophiles à Salatin, qui parloit au deable quant il voloit.—Ms. 7218, fol. 298, vo.

Page 2, vers 18.

Espiremens est, sans aucun doute, pour esperimens, experimenta.