[55]: Le Sage parle de ces grandes daces (taxes) que D. Rodrigue levoit sur ceux qui demandoient sa faveur. «Il (D. Roger de Rada) avoit envie, fait-il dire à Scipion, de s'adresser à don Rodrigue de Calderon, dont on lui a vanté le pouvoir; mais je l'en ai détourné en lui faisant entendre que ce secrétaire vendoit ses bons offices au poids de l'or, etc.» Gil Blas, chap. 7.
[56]: La disgrâce du duc de Lerme (1618) mit le comble à celle de D. Rodrigue et acheva sa perte.
[57]: Marguerite d'Autriche, fille de l'archiduc Charles, duc de Styrie, femme du roi Philippe III, morte le 8 octobre 1611.
[58]: Cette exécution eut lieu le 21 octobre 1621. Il y avoit trois ans que le procès de D. Rodrigue étoit commencé. On ne l'avoit ainsi fait traîner en longueur que pour entretenir la haine du peuple contre tout ce qui rappeloit le ministère du duc de Lerme, et, créer de nouveaux obstacles à ce ministre s'il tentoit de rentrer en grâce. Il y réussit un instant: Philippe III le rappela de l'exil, et il y eut quelque espérance de salut pour D. Rodrigue; mais la mort du roi et l'avénement de Philippe IV, qui fut tout à fait contraire à ces idées de clémence, firent renvoyer le duc de Lerme en exil et hâter le supplice de son favori.
[59]: «Calderon mourut, dit Saavedra en ses devises politiques, avec une constance héroïque, qui changea en estime et en compassion cette haine universelle que sa fortune lui avoit attirée.»
[60]: Il y avoit eu une édition de cette pièce l'année précédente, Paris, Pierre de le Fosse, 1623, in-8. Le titre est le même, sauf cette différence que les frères de la Rose-Croix y sont appelés frères de la Croix-Rosée. M. Leber possédoit cette édition. V. le Catalogue de sa bibliothèque, no 3390.—
Les frères de la Rose-Croix, qui reconnoissoient pour fondateur Christian Rosenkreutz, avoient commencé de se révéler en 1604, après que l'ouverture du tombeau du maître eut livré aux disciples les grands arcanes écrits en lettres d'or. «Entre toutes ces raretez, dit Naudé, parlant des momeries de la secte nouvelle, il n'y en avoit pas de plus remarquable qu'une inscription, laquelle ils trouvèrent sous un vieil mur: «Après six vingts ans, je seray descouverte», car elle nous desnote l'an 1604, qu'ils ont commencé à paroistre.» Instruction à la France sur la verité de l'histoire des frères de la Roze-Croix, Paris, 1623, in-8, pag. 38. Ce livre de G. Naudé, que M. Hœfer a indiqué par erreur sous le titre de Advis à la France, etc. (Hist. de la Chimie, tom. II, pag. 326), est une curieuse satire des pratiques de ces thaumaturges. C'est la plus considérable de celles qui furent publiées alors dans la même intention, et parmi lesquelles nous nous contenterons de citer: 1o Effroyables factions faictes entre le diable et les prétendus Invisibles...., pièce que nous comptons donner dans l'un de nos volumes; 2o Advertissement pieux et très utile des frères de la Rosée-Croix... escrit et mis en lumière pour le bien public par Henry Neuhous de Dantzic... Paris, 1623, traduction d'une pièce latine: Pia et utilissima admonitio de fratribus Roseæ-Crucis, etc., parue l'année précédente. Les pièces en latin sur ce sujet furent surtout nombreuses; M. Leber en possédoit un plein portefeuille. Il en cite sept, avec leurs titres, sous le no 3391 de son Catalogue, et il n'en épuise pas la liste. Elles sont datées de 1616 à 1622, et la plupart viennent d'Allemagne. Ce même pays nous avoit envoyé, mais écrite dans l'idiome national, une autre critique de la doctrine des Rose-Croix sous ce titre bizarre: les Noces chimiques de Christian Rosen-Kreutz, etc. Strasbourg, 1616, in-8.—Nous ne citons ce livre que d'après M. Hœfer, loc. cit.
[61]: Dans l'une des pièces citées tout à l'heure, Advertissement pieux et très utile, etc., pag. 1, on retrouve cette pensée, que les Rose-Croix étoient précurseurs de l'Antechrist et apportoient au monde «l'advertissement que Notre-Seigneur nous a donné par sa bouche, et signes qui doivent précéder son dernier avénement.»
[62]: Les Rose-Croix s'attaquèrent surtout aux gens de robe pour les endoctriner. «Ils produisent, dit G. Naudé, des advocats et presidents qui pourroient rendre tesmoignage de cette congregation.» Instruction à la France, etc., pag. 5.
[63]: Dans l'Advertissement pieux et très utile, etc., pag. 5, l'apparition des Rose-Croix à un avocat de Paris est racontée d'une manière moins défavorable pour eux, bien qu'elle aboutisse aussi à une fuite prudente: «Selon le commun bruict, se sont apparus à un advocat qui faisoit des escritures pour une de ses parties; mais étant survenu quelqu'un qui avoit affaire à luy, après luy avoir dit qu'ils reviendroient une autre fois, soudain ils disparurent; ce que l'advocat ayant raconté à un sien amy quelques jours après, on dit que ces frères s'apparurent de rechef à luy dans le faubourg Saint-Germain, et luy reprochèrent qu'il n'avoit pu garder le secret, qui est le premier principe de leur secte, et qu'oncques depuis il ne les a reveus.»