[64]: Tous les frères de la Rose-Croix, et, «de quatre qu'ils estoient au commencement, ils s'estoient accreuz et augmentez jusqu'au nombre de huit», s'arrogeoient la grâce de guerir les malades, grâce «si abondante en eux que la multitude des affaires leur causoit de l'empeschement.» G. Naudé, Instruction à la France, etc., pag. 33, 35, 36.

[65]: Cette affiche des Rose-Croix est reproduite dans l'Advertissement pieux et très utile, etc., pag. 1. G. Naudé la donne aussi (pag. 5), en la faisant précéder de ces curieux détails: «Et, de fait, il y a environ trois mois que quelqu'un d'iceulx, voyant que, le roy estant à Fontainebleau, le royaume tranquille, Mansfeld trop esloigné pour avoir tous les jours des nouvelles, l'on manquoit de discours sur le change par toutes les compagnies, s'advisa, pour vous en fournir, de placarder par les carrefours ce billet, contenant six lignes manuscrites.» Instruction à la France, etc., pag. 26.

[66]: Les Rose-Croix appeloient en effet collége le lieu de leur réunion. Ils en avoient trois: «l'un aux Indes, en une île toujours flottante sur la mer; un autre au Canada, et le troisième en la ville de Paris, en certains lieux souterrains.» Avertissement pieux et très utile, etc., pag. 4-5.

[67]: Cette date, pour une pièce, qui a trait sans doute aux séances de l'Académie françoise, est fort intéressante à remarquer, en ce qu'elle devance de près d'une année celle des lettres royales qui constituèrent ce corps illustre. Ces lettres-patentes sont du 5 janvier 1635; or il seroit évident, d'après notre curieux livret, que dès les premiers mois de l'année précédente la docte assemblée tenoit ses assises, non plus à huis clos, comme elle avoit fait d'abord dans le petit logis de Conrart, rue Saint-Denis, mais ouvertement et à la connoissance de tous. Il ne faudroit donc plus dater de 1635, mais bien de 1634, l'existence réelle de l'Académie françoise.

[68]: Le saint homme n'échappoit du reste au bon langage que par ses néologismes de spiritualité; il faut même se hâter de dire qu'il étoit l'un des plus fervents admirateurs des bons écrivains de son époque, fussent-ils assez peu chrétiens, comme Balzac, par exemple, qu'il admiroit par dessus tout. Vigneul-Marville, Mélanges d'histoire et de littérature, Paris 1699, in-12, pag. 90.

[69]: Il faut lire Hersent, car il doit s'agir ici du docteur de Sorbonne Charles Hersent, l'un des plus forts casuistes de cette époque. Il avoit été prêtre de l'Oratoire, dans les premiers temps de son établissement par M. de Berulle. En remettant à son examen les livres du cardinal, on les soumettoit donc à un bon juge.

[70]: Étienne Binet, jésuite, mort en 1639, après avoir été recteur en différentes maisons de son ordre, et avoir publié grand nombre d'ouvrages de piété. Dans le plus excellent de tous, omis pourtant par la Biographie universelle: Quel est le meilleur gouvernement, le rigoureux ou le doux, Paris, 1636, in-8, se trouve, au chapitre IV, cette phrase sur la famille de Dieu, que Bossuet appliqua plus tard si éloquemment à la congrégation de l'Oratoire: «Jamais il ne fut une telle famille, où tout le monde obéit sans que personne y commande.» V. édit. de 1776, pag. 90.

[71]: Charlotte des Ursins, vicomtesse d'Auchy, tenoit chez elle une sorte d'académie de théologie, que l'archevêque de Paris dut interdire. (Tallemant, in-12., t. II, p. 6-7.) Elle publia un livre qu'elle n'avoit point fait elle-même, sous ce titre: Homélies sur l'épître de S. Paul aux Hébreux, par Charlotte des Ursins, vicomtesse d'Ochy. Paris, Charles Rouillard, 1634, in-4.

[72]: P. de Montmaur, le fameux parasite tant moqué par Ménage, dont Sallengre a donné l'Histoire satirique, 2 vol. in-8, 1715. On l'appeloit Montmaur le Grec depuis qu'il avoit succédé au P. Goulu dans la chaire de professeur royal en langue grecque.

[73]: Peut-être faut-il substituer l'initiale M à celle-ci, car je pense qu'on veut parler ici du président de Mesmes, chez qui Montmaur avoit plein accès, et qu'en bon parasite il flattoit, même dans son mauvais langage.