[98]: Charles-Emmanuel avoit épousé l'infante dona Catherine, fille de Philippe II.
[99]: Bourg du Chablais, en Savoie, situé sur le lac de Genève, entre Thonon et Evian. La vie voluptueuse qu'y avoit menée Amédée VIII, duc de Savoie, et plus tard pape sous le nom de Félix V, a fait croire que le nom de ce bourg étoit pour quelque chose dans l'étymologie de notre locution faire ripaille (Spon, Histoire de Genève, 2e édit., tom. 1, pag. 107-108). Il faut plutôt croire, avec Le Duchat, que c'est une contraction du mot repaissaille, employé par Rabelais (Ducatiana, tom. 1, pag. 76).
[100]: Cette prise de Ripaille eut lieu le 1er mai 1589. Spon, Hist. de Genève, Lyon, 1680, in-12, tom. 2, pag. 74-75.
[101]: «Le duc mesme vint en personne, avec deux gros canons et quatre pièces de campagne, devant le chasteau de Terny, qui n'estoit qu'une tour antique non flanquée, et seulement avec une muraille fort épaisse..... Les assiegez se rendirent, sur la promesse qu'on leur fit de leur laisser la vie sauve; mais, nonobstant cela, estant sortis, ils furent garottez et penduz par ordre du duc, quoy que ceux de sa suite lui en representassent la consequence.» Id., pag. 77-78.
[102]: Il s'agit du fort d'Arve, où, dit Spon, Son Altesse «eut du pire, quoy que son armée fust de sept à huit mille hommes.»
[103]: Il est curieux de voir ici comment l'écrivain catholique pallie la défaite du duc; mais il est plus intéressant encore de lui opposer le récit de Spon, l'écrivain huguenot. (V. Hist. de Genève, II, 78-79.)
[104]: Notre auteur omet à dessein les entreprises malheureuses tentées par les troupes du duc, à la fin de juin, contre Bonne. Spon, au contraire, n'a garde de les oublier. «La garnison, dit-il, n'étoit que d'environ cent cinquante hommes, et ceux-là, croyant déjà les tenir, leur crioient, en les raillant, qu'ils leur apprêtassent à dîner; mais ils ne furent servis que de prunes bien dures et de mortelle digestion, qui les contraignirent de sonner la retraite après y avoir perdu quelques uns des leurs.» Id., pag. 32.
[105]: Le duc étoit las de cette guerre avec Genève, et, d'un autre côté, la mort de Henri III et la prévision des troubles qui en résulteroient et qui affaibliroient la France venoient ranimer ses anciennes idées de conquête sur la Provence. C'est donc vers ce point que, laissant le territoire genevois, il tourna ses espérances et dirigea son armée. Auparavant, il bâtit le fort dont il est parlé ici. «Pour les brider, écrit Spon, il fit tracer un fort nommé Saint-Maurice, à Versoy, et dressa une plate-forme sur le bord du lac, pour battre avec de grandes pièces d'artillerie toutes les barques qui se hasarderoient sur le lac de Genève. Il y laissa pour gouverneur le baron de la Serra, s'étant retiré lui-même avec son armée delà les mnts,» Id., pag. 84-85.
[106]: Godronné ne vient pas, comme on pourroit le croire, du mot goudron, qui toutefois n'eût pas été mal employé pour des rabats et des fraises aussi solidement empesés que ceux dont il s'agit ici; il dérive du mot godron, dont se servoient les anciens architectes pour désigner une sorte d'ornement ou de moulure en forme d'œuf, d'amande, ou plutôt de godet, pour remonter tout de suite à la première source de toutes ces étymologies. Dans le langage des lingères et empeseuses, le godron étoit le pli rond et rebondi qu'on multiplioit à l'infini sur les collets à plusieurs étages que portoient les femmes, et sur les larges fraises mises à la mode, puis délaissées, par Henri III. «Le roy...., dit l'Estoile, alloit tous les jours faire ses prières et aumônes en grande dévotion, laissant ses chemises à grands godrons, dont il étoit auparavant si curieux, pour en prendre à collet renversé à l'italienne.» Les orfèvres employoient le mot godronné à peu près dans le même sens: ils s'en servoient pour désigner la vaisselle d'or ou d'argent à filets. Aujourd'hui encore, quand une étoffe ou une feuille de papier font un pli, on dit qu'elles godent.
[107]: Pièce très intéressante, en ce qu'elle est peut-être le seul document françois relatif à cette partie de l'histoire d'Antonio Perez. M. Mignet, qui aurait puy trouver quelques faits nouveaux pour son excellent livre, semble ne pas l'avoir connue.