On verra tout à l'heure, et ce n'est pas l'une des particularités les moins curieuses de cette pièce, jusqu'où notre ligueur françois pousse l'admiration pour Philippe II, à la suite duquel il se trouve.
[108]: Le flatteur de Philippe II oublie avec intention de rappeler la captivité de Perez, pendant deux années, dans la forteresse de Tarruegano. Mignet, Antonio Perez et Philippe II, 1re édit., Paris, 1845, in-8, pag. 88-91.
[109]: Cette demi-délivrance de Perez ne fut pas un effet de la clémence de Philippe II; elle fut motivée par la maladie assez grave qu'il avoit contractée pendant son emprisonnement sévère à Tarruegano. «Dona Juana Coello, dit M. Mignet, obtint qu'il fût transporté à Madrid, où il jouit de nouveau, pendant quatorze mois, d'une demi-liberté dans une des maisons les meilleures de la ville, et reçut les visites de toute la cour.» Id., pag. 91.
[110]: Notre ligueur glisse encore habilement sur tous les détails qui pourroient rendre le roi odieux, «les perfides interrogatoires auxquels Perez fut soumis, la torture qu'on lui fit subir, etc.» Mignet, loc. cit., pag. 99-114.
[111]: Selon M. Mignet (pag. 118), Perez prit «un vêtement et une mante de sa femme»; mais ce qui est dit ici des habits de servante endossés par le fugitif s'accorde bien mieux avec ce qui suit dans le récit de l'excellent historien: «Il passa, dit-il, sous ce déguisement, à travers les gardes, et sortit de sa prison. Au dehors l'attendoit un de ses amis, et plus loin se tenoit l'enseigne Gil de Mesa, avec des chevaux tout prêts pour le transporter en Aragon. A peine avoient-ils fait quelques pas dans la rue avant de joindre Gil de Mesa, qu'ils rencontrèrent des gens de justice faisant la ronde. Sans se troubler, l'ami de Perez s'arrêta et causa avec eux, tandis que Perez restoit silencieusement et respectueusement derrière eux, comme un domestique.» Id., 118-119.
[112]: M. Mignet ne parle pas de cette députation vers Philippe II, qui nous semble du reste fort invraisemblable.
[113]: Philippe II, à qui Perez échappoit toujours comme coupable, avoit en effet trouvé moyen de le rendre justiciable de l'Inquisition en le chargeant du crime d'impiété; et ce furent non pas les officiers du roi, comme il est dit ici, mais les alguazils du saint-office, qui eurent ordre d'aller se saisir de lui pour le mener de la prison des Manifestados dans celle de l'Inquisition, ce qui fut cause du mouvement populaire dont il va être parlé.
[114]: C'est pendant qu'on l'entraînoit loin de son palais que le gouverneur, à qui l'on avoit arraché son bonnet et sa cape, reçut trois coups de couteau à la tête et un à la main. «On le déposa tout meurtri et ensanglanté dans la prison vieille, et quatorze jours après il mourut de ses blessures.» Mignet, pag. 159-160.
[115]: Cette nouvelle insurrection eut lieu le 24 septembre.
[116]: M. Mignet entre dans de grands détails sur cette insurrection et sur la délivrance définitive de Perez, mais il ne parle pas de ce coche brûlé. Pag. 185-189.