[163]: Dentelle unie, qui devoit à sa simplicité le nom significatif qu'elle portoit.

[164]: La mode de ces dentelles d'Italie commença en France à la fin du XVIe siècle (V. Le vray theatre d'honneur et de chevalerie, 2e partie, chap. XL, p. 502), et dura pendant tout le XVIIe. (V. Mémoires de Saint-Simon, édit. in-8o, t. 4, P. 286, année 1704.)

[165]: Le traité des Pyrénées, signé l'année précédente, avoit mis fin à la guerre avec l'Espagne.

[166]: Fameux marchand de Paris à cette époque. La vogue de sa maison, consacrée par un passage des Précieuses ridicules, duroit encore en 1692, comme le prouve ce qu'en dit Palaprat dans son Arlequin Phaëton. V. notre Paris démoli, 2e édit., p. 45, chapitre l'Almanach des adresses de Paris sous Louis XIV.

[167]: Cravate, qui étoit alors un mot nouveau, se mettoit indistinctement au féminin, comme dans la lettre de madame de Sévigné du 22 avril 1672, et au masculin, comme ici. C'est, du reste, avec intention qu'on lui donne ce genre dans cette pièce, où tous les objets de toilette ont un rôle si viril et si belliqueux. On sait, en effet, que la cravate a une origine toute militaire. On en doit la mode et le nom aux soldats croates ou cravates, comme on prononçoit alors, qui servoient dans les armées du roi: ils se garnissoient le cou d'une bande d'étoffe aidant à soutenir sur leur nuque l'amulette qui devoit les garantir des coups de sabre. Ce qui étoit superstition chez eux devint mode et est resté usage chez nous. Dans cette pièce, le cravate de dentelle intervient à la façon guerroyante de son patron, le vrai Croate: nous l'entendrons dire tout à l'heure qu'il a fait deux campagnes sous monsieur le Prince!

[168]: Louis-Charles-Gaston Nogaret de Foix, duc de Candale, petit-fils du duc d'Epernon, favori de Henri III, avoit été le roi de la mode pendant la minorité de Louis XIV. Il étoit mort, n'ayant que trente-un ans, le 28 janvier 1658; mais les modes auxquelles il avoit donné son nom lui avoient survécu. En 1666, quand parut le Roman bourgeois, on parloit encore des chausses à la Candale. V. notre édition de ce livre de Furetière (Jannet, 1854, in-12, p. 73, note), et les Mélanges d'histoire et de littérature de M. Craufurd, Paris, 1817, in-8, p. 186-187.

[169]: C'étoit le quartier des brodeuses. Madame Dumont, que le comte de Marsan avoit amenée de Bruxelles à Paris, et à qui il avoit fait obtenir le privilége exclusif des ateliers de dentelles, s'y établit à la fin du XVIIe siècle, et ajouta ainsi à la réputation industrielle de ce faubourg, déjà si bien commencée.

[170]: Erres, en terme de vénerie, se prend pour les traces du cerf. On dit qu'il va hautes erres quand il suit ses anciennes voies, grandes erres ou belles erres quand il va vite. Au figuré, cette expression signifioit faire grande dépense, aller grand train. Montaigne l'employoit, et Voltaire s'en servoit encore. V. sa lettre à M. de Fourmont, 7 septembre 1731.

[171]: Sans doute les dentelles de Flandres, dont la réputation commençoit.

[172]: Sorte de dentelle venue «des bords de l'Ibère», comme il est dit plus haut. Elle devoit sans doute son nom aux dessins morisques ou arabesques dont elle étoit ouvragée.