[183]: Les logements pris, le fourrier devoit, sous peine du fouet, inscrire sur la porte les noms des soldats logés. (Règl. milit. de Villers-Cotterets, 29 décembre 1570.)

[184]: On s'étonnera de ce que, dans cette ordonnance pour la sauvegarde des églises, chapelles et oratoires, il n'est rien dit contre le vol et la vente des ornements et vases sacrés. Le duc d'Anjou auroit peut-être craint, en se montrant sévère sous ce rapport, de donner un démenti indirect aux ordres que, dès le commencement de la guerre, le roi son frère avoit envoyés à certains gouverneurs de province, pour qu'ils eussent à s'entendre avec les évêques et autres gens d'église sur l'argent à tirer de ces saintes richesses. Mon ami M. Anatole de Montaiglon veut bien me communiquer à ce sujet une lettre adressée en 1562 par Charles IX à M. de Matignon, et dont il a pris copie d'après l'original conservé à Rouen, dans la collection Leber. (V. Catal., no 5735.)

«Monsieur de Matignon, ce m'a été un grand desplaisir d'entendre que les choses de la Basse-Normandie commencent à se brouiller si fort que je l'ay veu par vostre lettre du IXe de ce moys, et entendu encore plus particulièrement par ce que le porteur m'en a dict de vostre part, ne faisant point de doubte que le feu qui va ainsi saultant de lieu en lieu et de ville en ville ne procède de plus loin, et que ce ne soyt à la suscitation ou par un complot faict et accordé avec ceux qui ont commencé les premiers. Et pour ce que je considère bien qu'il ne vous est pas possible de pourveoir ne pareillement de contenir longtemps les villes de ces pays-là en mon obéissance sans quelque force, je ne sçauroys que bien fort louer l'ouverture que vous me faictes d'en faire fournir la despense sans que je mecte la main à ma bourse, laquelle, comme vous sçavés, n'est que trop chargée d'ailleurs, estant bien d'advis, quant à laditte force, que vous la faictes d'une cornette de cent harquebuziers à cheval, si mieulx vous n'aymez cc. harquebuziers à pied, dont je vous remet le choix et l'election. Mais il faut que, au même temps que vous les ferez lever, vous accordez avec les evesques du pays et aultres gens d'eglise du paiement de leur solde, pour lequel effect je ne trouveray poinct mauvais qu'ils s'aydent de l'argenterie des châsses et reliques qu'ils ont en leurs eglises, actendu qu'il va en cela de la conservation d'eulx et de leurs biens, aussy bien que de celle de mon autorité et obeissance, et qu'ils sont touz les jours en dangiers, parmy tous ces troubles, que aultres s'en saisissent, pour convertir contre eulx-mêmes ce qu'ils peuvent aujourd'huy employer à leur entière seureté. Il est vray qu'il sera bien necessaire d'adviser quel ordre et police ils auront à tenir en cela pour garder qu'il n'y ait personne qui en abuse et qui en convertisse chose, quelle qu'elle soyt, à aultre usaige que au paiement des d. forces, suivant ce que vous en ordonnerez par chacun moys. Vous en confererez et accorderez avec eulx, et me ferez service de me tenir ordinairement adverty du progrez que prendront les choses de la dicte Basse-Normandie, et de la provision que vous y sçaurez bien donner, selon la necessité du temps, pour y maintenir mon obeyssance et les pays en repos et trancquilité. Priant Dieu, mons. de Matignon, qu'il vous ayt en sa garde.—Escript à Monceaux, le XVIIe jour de may 1562.

Charles.

Bourdin.

[185]: Ce livret a été publié plusieurs fois, et n'en est pas pour cela moins rare: c'est ce qui nous engage à le donner ici. M. Ch. Magnin pense que la première édition, devenue tout à fait introuvable, dut suivre de près la mort de Cyrano de Bergerac, arrivée en 1655. (Hist. des marionnettes. Paris, 1852, in-8o, p. 136.) En 1704, il en parut une autre, celle-là même dont nous suivons le texte, d'après l'exemplaire qui a appartenu à Ch. Nodier, et que M. Le Roux de Lincy, son possesseur actuel, a bien voulu nous communiquer. M. Ch. Magnin parle d'une troisième édition, donnée en 1707, et d'une autre parue de nos jours, aussi d'après celle de 1704.

[186]: Jean Brioché ou Briocci, ainsi que l'appelle M. Magnin (Id., p. 135), qui voit en lui un compatriote de Mazarin, avoit son théâtre de marionnettes à l'extrémité nord de la rue Guénégaud, en face d'une petite tour en encorbellement sur la Seine, qu'on appeloit le Château-Gaillard (V., à ce mot, le Paris ridicule de Cl. Le Petit), et dont le dernier reste, le cul-de-lampe de la tour même, n'a disparu que dans ces derniers temps, avec l'escalier de l'abreuvoir, auquel il attenoit. Boileau a parlé de

..... cette place où Brioché préside

au vers 104 de sa 7e épître, parue en 1677. Alors ce n'étoit plus Jean qui faisoit jouer les marionnettes, mais son fils, François ou Fanchon Brioché, comme Brossette l'appelle, d'après le nom que lui donnoit le peuple.

[187]: «N'étoit-ce pas plutôt le voisin, le compère de Polichinelle?» dit M. Ch. Magnin, qui cite ce passage. (Id., p. 140.)