[7]: Le travail pour la grammaire se fit d'abord par toute l'Académie assemblée. «On arrêta, dit Pellisson, qu'à l'un des bureaux M. l'abbé de Choisy tiendroit la plume, à l'autre M. l'abbé Tallemant.» Puis on se départit de cette méthode de travail collectif, parcequ'on jugea qu'un ouvrage de ce genre «ne pouvoit être conduit que par une personne.» On se décida donc à procéder comme il est dit ici, c'est-à-dire à charger de cette grammaire quelque académicien, «qui, écrit Pellisson, communiquant ensuite son travail à la compagnie, profitât si bien des avis qu'il en recevroit, que par ce moyen son ouvrage, quoique d'un particulier, pût avoir dans le public l'autorité de tout le corps.» Id., p. 68.—C'est l'abbé Regnier qui fut choisi.
[8]: Il y avoit déjà un prix d'éloquence, dont la fondation étoit due à Balzac, mais qui ne fut distribué pour la première fois qu'en 1671, c'est-à-dire quinze ans seulement après la mort du fondateur. «Comme son fonds avoit profité, lit-on encore dans l'Histoire de l'Académie, ce prix, qu'il avoit fixé à deux cents livres, fut porté à trois cents.» Id., p. 18.—Quelques années après, on destina une somme pareille pour un prix de poésie. Pellisson, Conrart et M. de Bezons, tous trois académiciens, en firent d'abord les frais; puis, après la mort de Pellisson, l'Académie en corps les prit trois fois de suite à sa charge; enfin M. de Clermont-Tonnerre, évêque de Clermont, constitua ce prix à perpétuité, en 1699, moyennant une somme de 3,000 francs, placée sur l'Hôtel-de-Ville de Paris. Le donateur prononça, à cette occasion, un discours qui se lit dans le Mercure galant du mois de juin de cette année-là.
[9]: C'est à Colbert qu'on devoit ces jetons de présence. «Afin d'engager encore davantage les académiciens à être assidus aux assemblées, il établit qu'il leur seroit donné quarante jetons par chaque jour qu'ils s'assembleroient, afin qu'il y en eût un pour chacun, en cas qu'ils s'y trouveroient tous (ce qui n'est jamais arrivé), ou plutôt pour être partagés entre ceux qui s'y trouveroient, et que, s'il se rencontroit quelques jetons qui ne pussent pas être partagés, ils accroîtroient à la distribution de l'assemblée suivante. Ces jetons ont, d'un côté, la tête du roi, avec ces mots: Louis le Grand, et, de l'autre côté, une couronne de laurier avec ces mots: A l'immortalité, et autour: Protecteur de l'Académie françoise.» Mémoires de Charles Perrault, liv. 3. Avignon, 1759, in-8o, p. 137-138.
[10]: Ce concert se donnoit aux Grands-Augustins par la confrérie des musiciens de Sainte-Cécile. V. Lebeuf, Hist. du dioc. de Paris, t. 2, p. 464; Merc. gal., juin 1679, p. 184.
[11]: C'étoient les plus belles de Paris. Daquin et Marchant furent, au XVIIe siècle, organistes aux Cordeliers.
[12]: Ce vieux mot signifioit colline, monticule. Le nom de la rue Copeau, très montante, comme on sait, vient de là.
[13]: V. pour ce feu de la Saint-Jean sur la place de Grève, et sur les auto-da-fé de chats qu'on y faisoit, une longue note de notre édition des Caquets de l'Accouchée.
[14]: Les voltes, dont la plus fameuse étoit celle de Provence, avoient été, depuis Charles IX et Henri III, danses fort à la mode. Guil. du Sable a dit dans son Coc à l'âne, l'une des pièces de sa Muse chasseresse, Paris, 1611, in-12:
Considerant le temps qui court,
Il faut, pour estre aimé en cour,
Bien basler et danser la volte.
[15]: Cette danse, qui s'exécutoit en rond, et que Jacques Yver appelle pour cela «la ronde carole» (Printemps d'Yver, journ. 3), avoit donné naissance au mot caroleur, qui se trouve dans le roman de la Rose, et à caroler, qui se lit dans les poésies de Froissart. Elle n'étoit point particulière aux Bretons, qui même lui préferoient de beaucoup leur trihori. On la dansoit beaucoup à Paris, où se trouvoit même un carrefour qui lui devoit son nom de Notre-Dame-de-la-Carole.