[26]: Les forges d'orfèvres et les boutiques de changeurs qui s'y trouvoient faisoient de ce pont la rue la plus riche de Paris.
[27]: Le proverbe dit: Mariage de Jean des Vignes, tant tenu, tant payé; c'étoit ce que nous appelons une passade. Quitard, Dict. des Prov., p. 475.
[28]: V., sur le sens de ce mot, le Dictionnaire comique de Le Roux, qui ne l'emploie que pour le sexe masculin. Il cite à l'appui un vers du Parnasse satyrique.
[29]: M. Leber possédoit un exemplaire de ce curieux livret, et le croyoit unique. «M. Brunet même, dit-il, ne dut de pouvoir le décrire qu'à la communication qu'il lui fit de cet exemplaire.» (Catal. Leber, t. 2, p. 254-255, no 4182.) Nous en avons pourtant trouvé un second, et d'une autre édition, ce qui est plus singulier, mais ce qui est aussi une preuve de la popularité de cette pièce. Notre exemplaire est de Paris, 1596; celui de M. Leber, aujourd'hui à la Bibliothèque de Rouen, indique, sous la même date, qu'il fut publié à Poitiers par Blanchet. Le premier titre y est omis; on n'y trouve que le second: Histoire d'un pâtissier de Madrigal, etc. M. Leber voit dans ce livret une anecdote singulière «d'où il résulteroit, dit-il, que D. Carlos auroit vécu long-temps après l'époque où l'on suppose que son père le fit assassiner... Elle prouve au moins, ajoute-t-il, que le sort de ce prince fut toujours un problème, même du temps de Philippe II, qui ne mourut qu'en 1598.» Malheureusement, encore d'après M. Leber, comme témoignage historique, cette pièce ne peut rien, puisque c'est «tout simplement, dit-il, un conte renouvelé des Arabes ou des fabliers du moyen âge.» En ce dernier point, le savant bibliophile se trompe. Ni les Arabes, ni les fabliers du moyen âge n'ont affaire ici; notre livret ne leur doit rien: il ne remonte pas si haut. C'est tout bonnement un conte de 1596, renouvelé d'une histoire de 1594. Cette année-là, un nommé Gabriel Spinosa, pâtissier du bourg de Madrigal, en Castille, s'étoit, à l'instigation du moine portugais Michel Los Santos, partisan zélé du prieur de Crato et confesseur au couvent de Madrigal, s'étoit, dis-je, donné comme étant le roi D. Sébastien de Portugal, qu'il disoit n'avoir pas été tué dans son expédition contre les Maures d'Afrique. Son aventure n'avoit pas duré long-temps, moins même que celle du potier d'Alrasova, et celle d'Alvarès, tailleur de pierres à l'île de Terceyre, qui l'un et l'autre avoient aussi tenté de se faire passer pour D. Sébastien. (V. la trad. de l'Histoire de Portugal, par N. H. Schœfer, 1845, in-8o, p. 620.) Spinosa fut pendu avec le moine son complice avant la fin de cette même année 1594, après avoir passé par toutes les vicissitudes et fait toutes les tentatives dont il va être parlé dans ce livret. L'auteur, en effet, ne change presque rien à l'histoire, si ce n'est le personnage qu'y joua le pâtissier. La mort de D. Sébastien ne lui importoit guère; le drame de D. Carlos l'intéressoit davantage, comme aventure plus récente d'abord, puis comme étant de nature à rendre plus odieuse la conduite de Philippe II, contre qui la haine étoit encore très vivace en France. Voilà pourquoi, sans doute, il dérangea les rôles et mit D. Carlos à la place de D. Sébastien.
[30]: La ville de Medina-del-Campo.
[31]: Elle étoit, en effet, nièce de Philippe II. Dans un drame du XVIe siècle, composé sur cette aventure et encore célèbre en Espagne, D. Anna est donnée comme étant une nièce de D. Sébastien. Il faut bien se garder de la confondre avec Anne d'Autriche, fille de Maximilien, qui plus tard épousa Philippe II.
[32]: Dans le drame dont nous venons de parler, et qui est l'œuvre très remarquable d'un poète qui n'a pas voulu se faire connoître, le faux D. Sébastien, pâtissier, joue son rôle à peu près de la même manière. M. Louis de Viel-Castel, qui a donné de cette pièce une très bonne analyse dans son article Théâtre espagnol—Le drame historique (Revue des Deux-Mondes, 1er novembre 1840, p. 340-343), détaille ainsi ses premières manœuvres: «Gabriel d'Espinosa (c'est le véritable nom du faux Sébastien) n'est, il faut bien prononcer le mot, qu'un simple pâtissier; mais, abandonnant à des valets les occupations de cette vulgaire industrie, il a soin de se répandre dans le peuple, de se montrer généreux, désintéressé, de donner, toutes les fois que l'occasion s'en présente, des témoignages de sa bravoure, de sa force prodigieuse, de son adresse, et il ne manque pas de manifester de préférence ces qualités, si séduisantes pour le vulgaire, dans certains exercices où l'on sait qu'excelloit le roi dont il veut prendre la place.»
[33]: Dans l'histoire, c'est aussi pour des bijoux que lui avoit donnés D. Anna, puis pour d'autres qu'elle lui avoit dit d'aller vendre à Valladolid, que le pâtissier fut inquiété, puis arrêté par les ordres du prévôt de cette dernière ville.
[34]: Dans le drame, c'est un alcade qui arrive secrètement de Madrid à Madrigal pour interroger Spinosa.
[35]: Dans le drame, l'agent du prieur de Crato, qui est le conseiller de Spinosa, tâche d'échapper au supplice en faisant des aveux complets; mais il n'en est pas moins pendu avec son complice.