[36]: Ici, comme on le voit, nous sortons de l'histoire du véritable pâtissier de Madrigal, le faux D. Sébastien, pour entrer dans celle de D. Carlos. C'est du prince d'Eboli, qui, ainsi que la princesse sa femme, y jouèrent un si grand rôle, qu'il est ici question.
[37]: Il étoit seulement d'une famille portugaise.
[38]: C'est étant à l'université d'Alcala que D. Carlos fit cette chute, dont il resta boiteux.
[39]: Il est très vrai qu'au commencement de cette année 1613, on fit grand bruit à Paris de l'apparition d'une espèce de moine bourru, qu'on appeloit le Tasteur à cause de ses habitudes plus que galantes, et dont les femmes avoient la plus grande peur. Malherbe en parle à Peiresc dans sa lettre du 8 janvier 1613, à un moment où les esprits se rassuroient un peu, car on disoit que le Tasteur étoit pris: «Nous avions ici, écrit-il, un compagnon du moine Bourru, à qui l'on avoit donné le nom du Tasteur; l'on dit que c'estoit un bon compagnon qui avoit des gantelets de fer, et au bout des doigts des ergots de fer, de quoi il fouilloit les femmes, et qu'il y en avoit à tous les quartiers. Depuis quelques jours, les femmes se sont rassurées, car on dit que le Tasteur est prisonnier. Il s'est fait là-dessus de bons contes, mais ce sont toutes inventions.»
[40]: Ce mot de filou n'étoit pas encore le nom d'une espèce: c'étoit celui d'un type de bandit à la mode, dont la barbe épaisse et hérissée avoit mis en vogue ce qu'on appeloit les barbes à la filouse. Dix ans après, le nom s'est étendu à l'espèce tout entière. Dans un arrêt du Parlement du 7 août 1623, il est parlé des hommes hardis se disant filous. Toutefois, Filou se maintient comme type jusqu'en 1634. V. notre tome 1er, p. 138.
[41]: De l'histoire de la vache à Colas, le paysan du faubourg Bourgogne à Orléans, histoire si fameuse au temps des guerres de religion, on avoit fait, au commencement du XVIIe siècle, une chanson qui sentoit bien fort son huguenot. Le clergé, contre qui elle étoit surtout injurieuse, avoit fini par la faire brûler de la main du bourreau, et par faire ordonner qu'on eût à n'en plus parler, ce qui fut cause que, pendant plusieurs années, on la chanta de plus belle.
[42]: Allusion aux chansons et pasquils assez licencieux de Robinette et Guéridon, de Filou et Robinette, etc., sur lesquels nous aurons à revenir souvent dans ce recueil.
[43]: Il est, je crois, mention ici d'une autre histoire de ce temps-là: «Le diable, déguisé en docteur de Sorbonne, entra un jour dans la cabane d'un charbonnier, qu'il vouloit tenter, et lui dit: Que crois-tu?—Je crois ce que croit la sainte Eglise.—Et que croit la sainte Eglise?—Elle croit ce que je crois. L'esprit malin vit échouer toutes ses ruses contre de telles réponses, et fut obligé de renoncer à son projet. De ce conte est venu, dit-on, l'expression de la foi du charbonnier, pour signifier une foi simple et sans examen.» Quitard, Dict. des proverbes, p. 207.
[44]: Argousin est ici fort bien employé, s'il est vrai, comme le croit Ménage et comme le soutient Millin (Voy. dans le Midi, t. 2, p. 406), que ce mot dérive d'alguazil, et se prît alors dans le même sens en françois.
[45]: L'auteur veut parler «des grands Termes d'hommes et de femmes», comme dit Germain Brice, qui ornoient le devant des trente-quatre maisons du pont Notre-Dame. G. Brice, Descript. de la ville de Paris, 1752, in-8, t. 4, p. 328-329.