[46]: Je n'ai pu retrouver à quel fait ceci se rapporte. Peut-être est-ce une allusion à quelque événement de la capitulation de Perpignan en 1475, après une famine horrible où l'on vit une femme nourrir son second enfant de la chair du premier qui étoit mort de faim (Henry, Hist. du Roussillon, t. 2, p. 134). Je ne vois rien là, toutefois, qui pût se rapporter à des femmes de Nevers et qui pût exciter la risée d'un meunier.
[47]: On sait que jusqu'à la complète démolition du petit Châtelet, en 1782, la rue S.-Jacques n'avoit pas d'autre entrée du côté du quai que l'étroit passage pratiqué sous ce lourd édifice.
[48]: A la fin du XVIIIe siècle, le Tasteur reparut, à la grande terreur des femmes, dans les promenades de Paris. «Un chevalier de S.-Louis, dit Dulaure dans son Histoire de Paris (Etat civil sous Louis XVI), acquit alors un sobriquet fameux, celui de chevalier Tape-Cul. Son occupation journalière étoit de parcourir les rues, places et jardins de Paris, et de frapper furtivement le derrière de chaque femme qu'il rencontroit. Sa rouge trogne, ses cheveux blancs, sa gibbosité, sa croix de S.-Louis qui se dessinoit sur un habit blanc couvert de taches, le faisoient reconnoître de loin. Une de ses mains étoit armée d'une canne qu'il agitoit, et l'autre, placée derrière son dos, étoit destinée à l'exécution de ses coups inattendus. Au milieu de la grande allée du jardin du Palais-Royal, vous eussiez vu toutes les femmes, dont il étoit fort connu, se ranger, s'éloigner au devant du chevalier Tape-Cul, et laisser un espace de plusieurs toises entre elles et lui.... La femme frappée par ce chevalier ne manquoit point de se plaindre ou de lui adresser des injures. Quelquefois, sur ses larges épaules tomboient des coups de canne lancés par l'homme qui accompagnoit la femme insultée. Le chevalier recevoit les injures et les coups avec une résignation exemplaire, et s'éloignoit paisiblement sans détourner la tête.»
[49]: L'idée de cette facétie, que Grandville renouvela pour sa jolie caricature Six barbes en trois secondes, ou les barbes à la vapeur (Magasin pittoresque, t. 3, p. 249, 1835), étoit déjà bien vieille, en 1749, quand parut la brochure que nous reproduisons ici. On en trouve, en effet, une trace dans l'historiette du maréchal de Grammont (Tallemant, édit. Paris Paulin, t. 3, p. 180): «Un jour qu'on disoit des menteries, il (le maréchal) dit qu'à une de ses terres il avoit un moulin à razoirs, où ses vassaux se faisoient faire la barbe à la roue, en deux coups, en mettant la joue contre.»
[50]: Faubourg Saint-Marceau.
[51]: Ceci est dit principalement pour l'horloger anglois Henry Sally, établi depuis long-temps à Paris, et dont les montres étoient les seules qui eussent fait fortune auprès du public, et même à l'Académie des sciences. En 1716, il en avoit fait approuver une du plus ingénieux mécanisme (Hist. de l'Académie des sciences, année 1716, p. 77), et à peu de temps de là il avoit soumis à la même académie, une montre marine qui n'avoit pas eu moins de succès. (Mém. et invent. approuvées par l'Académie des sciences, t. 3, p. 93.) Nous avons, au contraire, vainement cherché dans les mémoires de l'académie le nom de M. Nourrisson, le Lyonnois, pour quelque invention approuvée.
[52]: L'anglomanie fut bien plus forte encore trente ans plus tard. Voici ce qu'on lit sur ce ridicule anti-national dans un article de l'Esprit des journaux (nov. 1786, p. 197) analysant l'Anti-Radoteur, qui venoit de paroître: «L'auteur, revenant il y a quelque temps à Paris, fut étonné de trouver une ville angloise. Chevaux, cavaliers, piétons, carrosses, laquais, boutiques, boissons, habits, chaussures, chapeaux, tout étoit anglois. Il y vit une troupe de gens qui revenoient des courses comme on retourne de Neumarket (sic); mais la mode de se tuer lui parut la plus ridicule de toutes celles qu'on avoit empruntées de nos voisins.»
[53]: Sans doute Pantagruel.
[54]: Le bièvre est en effet une espèce de loutre ou de castor, mais qui ne se trouve qu'en Afrique.
[55]: «Le mot gobelin, dit La Monnoye, dans une remarque sur un conte de Desperriers, est usité de toute ancienneté en Normandie dans la signification d'esprit follet.» Contes de Desperriers, Amst., 1735, in-12, t. 1, p. 90.