[56]: Une pièce que nous donnerons dans ce volume prouvera combien l'auteur, qui a dit, tout à l'heure, la vérité en riant, se trompe au contraire ici.
[57]: Les coiffeurs faisoient alors sérieusement ce qui est dit ici en plaisanterie: s'ils avoient affaire à une pratique d'importance, ils emmenoient avec eux leur physionomiste. Dutens raconte que le prince Lanti étant à Paris et ayant demandé le coiffeur, vit arriver deux individus, dont l'un, après lui avoir pris la tête et l'avoir bien examinée dans tous les sens, dit à l'autre, qui étoit le praticien: «Visage à marrons; marronnez Monsieur.» Dutensiana, p. 42. Vous marronner, en style de perruquier, c'étoit vous friser à grosses boucles.
[58]: C'est Croule-barbe qu'il faut dire, mais on doit pardonner à l'auteur d'avoir fait cette petite altération pour les besoins de sa facétie. Il existe encore, près du boulevart des Gobelins et de la Bièvre, la barrière et la rue Croulebarbe. Un moulin de ce nom s'y trouvoit vers 1214. Notre auteur, on le voit, est bien renseigné.
[59]: C'est une des pièces trop nombreuses qui furent faites en l'honneur de ce régicide; mais il faut dire aussi, à la gloire de l'imprimerie parisienne de cette époque, que c'est la seule qui, à notre connoissance, ait été publiée à Paris. M. Leber, qui la possédoit (V. son Catalogue, no 5625), fait un vif reproche de cette publication à Jean du Carroy. Il y voit une excitation funeste, dont le crime de Jacques Clément et les écrits qui le glorifièrent ne montrèrent que trop bien les effets. «C'étoit en 1583, dit-il, avant la toute-puissance de la Ligue, que Jean du Carroy, imprimeur au Mont-Saint-Hilaire, la providence des libellistes, se proclamoit éditeur d'une première apologie du régicide qui devoit frayer la voie à Jacques Clément. C'étoit sous sa responsabilité personnelle qu'il imprimoit et annonçoit publiquement: «Les cruels et horribles torments de Balthazar Gerard Bourguignon... » (Leber, De l'état réel de la presse et des pamphlets depuis François Ier jusqu'à Louis XIV, Paris, 1834, p. 65). Dans une note, M. Leber donne à penser que cet imprimeur est le même que celui dont il parle à la page 63, et qui, nommé par L'Estoile Gilles du Carroy, fut, ainsi que son correcteur, «fustigé et banni» en 1586. (Journal de Henri III, 1744, in-8, t. 1, p. 496-497.)—La pièce que nous reproduisons ici est tellement rare, qu'elle a échappé à M. Weiss pour son article Gérard de la Biographie universelle, et à M. Œttinger pour sa Bibliographie biographique. Voici le titre de quelques autres livrets publiés à la même occasion et dans le même but; on ne s'étonnera pas d'en trouver un imprimé à Rome: Le glorieux et triomphant martyre de Balthazar Gerard, advenu en la ville de Delft, Douai, 1584, in-12.—Balth. Gherardi Borgondi morte, costanza, per haver ammazzatto il principe d'Orange, Roma, 1584, in-8;—Historie Balth. Gerardt, alias Serach, die den Tyran van't Nederlandt den prins van Orangie doorschoten heeft, (S. l., 1584, in-4.—B... T... G... A... V...) In honorem inclyti heroes Balth. Gerardi, Tyrannidis Auraicæ fortissimi vindicis, carmen, quo et Gulielmi Nassavii principis Auraici cædes ut percussoris tormenta breviter enarrantur, Lovan., 1588, in-8.—Muse Toscane di diversi nobilissimi ingegni per Gherardo Borgogno, Bergamo, 1594, in-8. Il faut encore ajouter à cette liste l'ode latine que Lævinus Torrentinus, ou vulgairement Van der Becken, évêque d'Anvers, fit pour célébrer le crime de Gérard, et qui se trouve dans ses œuvres.—Cette pièce, que P. Burmann (Sylloge epistolarum, t. 1, p. 480) lui reproche très vivement, a pour titre: In honorem Baltasaris Gherardi fortissimi Tyrannicidæ.
[60]: Il étoit né à Villefans, en Franche-Comté.
[61]: Strada dit vingt-six ans, «erat enim annorum sex et viginti». (De Bello Belgico, Decadis secundæ liber quintus, anno 1584.)
[62]: Le même mois où le duc d'Alençon, compétiteur malheureux du prince d'Orange, étoit mort en France des suites du poison que lui avoient fait prendre les agents de l'Espagne. Philippe II ainsi se seroit délivré en même temps de ses deux rivaux dans les Pays-Bas: du fils de Catherine de Médicis par l'empoisonnement, et de Guillaume de Nassau par la main d'un assassin.
[63]: «Atque extincto Alenconio, obtulit se delaturum ad Orangium litteras aliquorum Alenconii familiarum de obitu ejus.» (Strada, ibid.)
[64]: Ceci, à quelques détails près, est encore conforme au récit de Strada. Pour exprimer la manière dont Guillaume de Nassau, sortant de table, fut frappé au cœur par les balles du pistolet de Gerard, le jésuite romain se sert de cette singulière phrase: «Assurgentem ab epulis, exeuntemque in aulam, fistula in cor, explosa trajicit, confecitque.» Heureusement qu'il met en marge le mot italien pistola.
[65]: Guillaume tomba mort aux pieds de sa femme, fille de l'amiral Coligny, qui avoit vu de même assassiner son père dans la nuit de la Saint-Barthélemy.