Pour danser pavane et vert gay,
Le mois de may, au vert boscage,
Escoutant le pinson ramage
Et cueillant le gentil muguet.

[138]: Alors la France produisoit assez de blé pour en pouvoir exporter à l'étranger. On en a la preuve non seulement par ce passage, mais par plusieurs autres écrits du temps. Palma Cayet, dans sa Chronologie septennaire (1602, édit. Michaud et Poujoulat, p. 208), nous montre la France abondant «en blés, vins, huiles, fruits, légumes, guèdes ou pastels, outre les grandes et foisonneuses nourritures de bétail et haras.» Isaac de Laffemas, dans son Histoire du commerce de France, est plus explicite: «Il me semble, quant à moy, dit-il, que nous avons icy quantité de fer, de papier, de pastel, de bleds et de vins pour envoyer aux pays estranges, et que cela nous peut apporter un grand revenu.» (Archives curieuses, 1re série, tome 14, page 429.)

[139]: La culture du pastel étoit une immense richesse pour les environs de Toulouse, et surtout pour le pays de Lauraguais. On exportoit chaque année deux cent mille balles de ces coques par le seul port de Bordeaux. «Les étrangers en éprouvoient un si pressant besoin, que, pendant les guerres que nous avions à soutenir, il étoit constamment convenu que ce commerce seroit libre et protégé, et que les vaisseaux étrangers arriveroient désarmés dans nos ports pour y venir chercher ce produit. Les plus beaux établissements de Toulouse ont été fondés par des fabricants de pastel.

Lorsqu'il fallut assurer la rançon de François Ier, prisonnier en Espagne, Charles-Quint exigea que le riche Beruni, fabricant de coques, donnât sa caution.» (Chapsal, Chimie appliquée à l'agriculture, t. 2, p. 352.)—Le pays de la richesse par excellence, le pays de Cocagne, n'étoit autre que le Lauraguais, l'opulente contrée des coques de pastel. (Crapelet, Dictons du moyen âge, 1re édit., p. 47.) Quand on vouloit montrer qu'un homme étoit riche et cossu, on disoit qu'il étoit bien guédé, c'est-à-dire semblable à quelque marchand de guède ou pastel. Peu à peu l'indigo finit par détrôner ce riche produit. (Savary, Dict. du commerce, aux mots Cocaigne, Pastel.)

[140]: Malheureusement, l'exportation des draps étoit interdite. «Il ne nous est permis, dit Montchrestien, de porter en Angleterre aucune draperie, à peine de confiscation; au contraire, les Anglois, en pleine liberté, apportent en France toutes telles draperies qu'il leur plaist, voire en si grande quantité, que nos ouvriers sont maintenant contraints pour la plupart de prendre un autre mestier, et bien souvent de mendier leur pain.» (Traicté de l'économie politique, s. d., in-4, 2e partie, p. 92.)

[141]: Sous Louis XIV, nous manquions tellement d'ouvriers cordiers, dans nos ports, que Colbert fut obligé d'en faire venir, ainsi que des tisserands, de Hambourg, Dantzig et Riga. (Cheruel, Hist. de l'administr. monarch. en France, t. 2, p. 235.)

[142]: V., dans l'avant-dernière [note], ce que dit Montchrestien de cette misère des ouvriers sans travail.

[143]-[144]: Dès le règne de Henri II, des fabriques de draps d'or et de soie avoient été établies à Lyon. (Anc. lois franç., t. 13, p. 374.)—Mais sous Henri IV, à Paris même, cette industrie avoit pris une bien plus grande extension: «L'establissement de filer l'or, façon de Milan, qui se void introduit en la perfection et en grande quantité dans l'hôtel de la Maque, soubz le sieur Tirato, Milanois, qui faict espargner et fournir dans le royaume plus de douze cent mille escus par an, qui se transportoient pour avoir dudit fil d'or de Milan, pour ce qu'il est plus beau et à meilleur marché que celui qui se faisoit en France, en ce qu'on y employé la moitié moins d'or.» (Recueil présenté au roy de ce qui se passe en l'assemblée du commerce, au Palais, à Paris, faict par Laffemas, contrôleur général dudit commerce, Paris, 1604, in-8, § 6.) Palma Cayet (Chronol. septennaire, 1603, édit. Michaud, p. 253) parle aussi des sieurs Dubourg père et fils, établis comme Tirato, et pour la même industrie, dans la Maque. Cette immense manufacture étoit rue de la Tixeranderie (voy. notre Paris démoli, 2e édit., p. 333), et c'est sans doute avec intention qu'on avoit établi dans ce quartier de la misère une industrie capable, dit Laffemas le fils, «de faire vivre un nombre infini de pauvres.» (Hist. du commerce, loc. cit., p. 420.)—La serge de Florence étoit une sorte d'étoffe de soie épaisse dont on faisoit de grands manteaux et des mantelets. Elle étoit fort employée sous Henri III. V. L'Estoille, Journ. de Henri III, 24 juin 1584.

[145]: On y fabriquoit, dès 1603, toute espèce d'étoffes de soie, mais surtout des satins, façon de Gênes. (Laffemas, Lettres et exemples de la feue royne mère, Archiv. cur., 1re série, t. 9, p. 131.) Quant aux villes de Tours et de Lyon, on sait de reste que la fabrication des soieries y étoit, dès lors, très florissante.

[146]: C'est vers 1592 qu'on avoit commencé d'y fabriquer «des velours, satins, taffetas, et autres marchandises de soie.» (Laffemas, Règlement général pour dresser des manufactures en ce royaume, etc., Paris, 1597, in-8, fol. 25.)