[147]: On faisoit avec le buffle tanné d'excellents justaucorps de guerre. On connoît la chanson de Bussy:
Buffle à manches de velours noir
Portoit le grand comte de More.
[148]: Les meilleures se faisoient, en effet, en France. «Et, quant aux futaines et autres manufactures de cotton, dit Laffemas le fils (loc. cit.), nous ne devons point permettre que les estrangers nous en fournissent.» Montchrestien dit d'une façon plus ferme encore: «Toutes les futaines et camelots se doivent fabriquer en ce royaume, où l'industrie en est fabriquée aussi bien et mieux qu'ailleurs, où la commodité est pareille et possible plus grande... On parle parmy nous de futaines d'Angleterre et de camelots de l'Isle; mais on nous impose le plus souvent par l'estrangeté, car toutes ou la plupart de ces estoffes sont de la façon de France, et n'en sont pas pires.» (Traicté de l'œconomie polit., in-4, 1re partie, p. 102-103.)
[149]: C'étoit une espèce de camelot, ordinairement noir, qu'on employoit comme doublure des manteaux de soie. Cette étoffe étoit déjà connue au moyen âge. (Fr. Michel, Recherches sur le commerce..... des étoffes de soie, in-4, t. 2, p. 47.)
[150]: «Un homme de Nerac, écrit Laffemas le fils, a endurcy les buffles et chamois a l'espreuve de la pique et de l'espée.» (Hist. du commerce, p. 419.)
[151]: Ce n'est pas seulement à Poitiers, mais aussi à Niort, qu'on faisoit d'excellents chamois. V. Savary, Dict. du commerce, à ce mot.
[152]: Laffemas le fils se plaint fort de ce que les cuirs de France «ont esté altérez de leur bonté.» Montchrestien s'en montre plus satisfait: «J'oubliois à parler de la tannerie, dit-il, art aussi necessaire que commun, lequel, pour le grand profit qu'il apporte, ne seroit point demeuré entier, comme il a fait jusqu'à present, en la main des François, si ceux qui l'exercent n'en avoient retenu, principalement dans les principales villes, la propriété libre et franche par le moyen de leurs exactes visitations sur les apprests des cuirs estrangers.» (Loc. cit., p. 107.)
[153]: Les Espagnols emportaient des cargaisons de cette quincaillerie du Forez, dont le bon marché fut toujours proverbial, pour faire des échanges avec les nègres du Sénégal et des côtes d'Afrique.
[154]: «Les marchands de Flandre faisoient avec nous de si gros profits que Henri IV avoit defendu, sous peines corporelles, toutes relations commerciales avec eux.» (Palma Cayet, 1604, loc. cit., p. 285-287.) Il paroît que Louis XIII avoit maintenu cette prohibition rigoureuse. C'est surtout à l'occasion de l'établissement à Paris de la fabrique de tapisserie des sieurs Laplanche et Comans que Henri IV prit de sévères mesures contre les importations flamandes. (Extraits des registres de l'Hôtel-de-Ville, Biblioth. imp., fonds Colbert, vol. 252, p. 533-534.) On menaça d'expulsion «les tuisliers et tapissiers flamands qui ne vouloient laisser le secret de leur industrie en France.» Ceux qui se soumirent obtinrent seuls des lettres de naturalité. (Laffemas, Recueil présenté au roy, etc., § 10.)
[155]: Ce passage prouve que ce que Laffemas ne faisoit qu'espérer en 1604 s'étoit réalisé. «La manufacture nouvelle de toilles fines et façon d'Hollande, et autres semblables, qui sont si chères, dit-il, ne s'est faite jusqu'à present en France, et sommes contraints de les achepter des estrangers, où il se transporte une grande quantité d'or et d'argent, combien que nous en ayons les lins et autres principales étoffes abondamment en France plus que lesdits estrangers, qui les viennent prendre et achepter de nous pour les nous remettre manufacturés incontinent après, et y gagnent le quadruple et plus; ce qui ne procède que de la seule industrie de les blanchir, façonner et polir. Mais il s'est trouvé deux riches marchandz qui ont entrepris de les faire filer, manufacturer, blanchir et façonner dans les faubourgs de la ville de Rouen, en telle quantité qu'ils en fourniront la France. Leurs memoires et propositions ont esté examinés et deliberés en la compagnie desditz sieurs commissaires par commandement et renvoy à eux faict par Sa Majesté. Ils en ont donné leur advis soubz le bon plaisir de sa dite Majesté, duquel ils espèrent qu'il parviendra un grand tresor à la France quand il sera executé.» (Recueil présenté au roi... § 24.)