[339]: «Mais voicy un autre tintamarre: tous se plaignent que les laitues pommées et roses sont fort renchéries depuis peu de temps. Les jardiniers n'en sont pas marris; ils en rient tant qu'ils peuvent, car elles n'estoient en usage il y a environ deux ou trois mois qu'en salade; maintenant Chouse (la mode) les fait servir en souliers, voire des laquais, palfreniers et gens de néant. Je croy que c'est pour tenir le soulier ferme, selon l'ordonnance:

Ne vagus in laxa pes tibi pelle natet,

afin que le soulier ne branle dans le pied.» (La Mode qui court, etc.)

[340]: Les bottes en cuir de Russie étoient alors à la mode. Tout le monde en vouloit, vieilles ou neuves, avec éperons rouillés ou fourbis: «Les maistres cordonniers sont sur le poinct de se battre (quoi qu'il soit defendu) avec les savetiers de la Savaterie et de la Potterie, vers les halles; car il n'y a qu'eux qui vendent des bottes frippées et des vieux esperons de la dernière guerre de Perpignan. Encore une aultre grande question s'esmeut entre les maquignons, vendeurs de chevaulx, avec les susdits savetiers; car ils veulent savoir sive jure, sive injuria, d'estoc et de taille en un besoing, pourquoy ils vendent tant de bottes, et qu'eux ne vendent point de chevaux. La chose ayant esté desbattue, in utramque partem, pro et contra, les savatiers ont fanatiquement représenté que l'incommodité des boues étoit vrayement cause d'une telle confusion de bottes, mais qu'ils n'en estoient cause; mais qu'un homme avoit plus tost trouvé vingt sols ou demy-escu pour une paire de bottes que vingt escus pour un cheval, joinct que les bottes sont fort propres pour espargner les souliers..., se garentir de crottes, espargner le foin, l'avoine, qu'il fauldroit pour un cheval; et ce qui est plus considérable, c'est que, par ce moyen, un homme botté et esperonné est estimé homme d'honneur et presque gentil homme. Quoy qu'il n'ait pas de cheval, c'est tout un; n'importe, l'estable en est plus nette.» (La Mode qui court, etc.) V. dans Francion, 1663, in-8, p. 557-559, l'éloge des bottes.

[341]: «Ceste meschante Chouse fait porter aujourd'huy...... l'escharpe sur l'espaule, à grandes franges pendantes en bas, sortant soubs le manteau, qui sert pour porter un petit coutelas de paix, à la façon des Arabes et Levantins.» (La mode qui court...)

[342]: Hommes et femmes s'enfarinoient les cheveux de poudre de Chypre parfumée. V. la Dispute et interrogatoire faicte par deux poètes françois, 1610, in-12, p. 15; Francion, p. 267; Vers à la Fronde, sur la Mode des hommes..... Scarron, dans l'épistre citée, reproche aux jouvençaux:

Trop de gallons dessus les reins,
A la tête de trop longs crins,
Crins où, nonobstant la farine,
L'humide graisse trop domine.

[343]: Les perruques commençoient d'être à la mode pour les hommes comme pour les femmes. Les hommes qui les vouloient longues et tombantes se les faisoient faire avec des cheveux de femme. (Mézeray, Abrégé de l'Hist. de France, 1698, in-12, t. 1, p. 253.) Une perruque blonde du bon faiseur se vendoit jusqu'à mille écus. Les cheveux propres aux perruques des dames valoient 150 livres l'once.

[344]: C'est-à-dire assorti à la figure, ce qui étoit un grand point. L'assortiment des diverses parties de la toilette fut une question non seulement de goût, mais de bienséance, pendant tout le XVIIe siècle. V. l'Extraordinaire du Mercure, janvier 1698, art. Garde-robe des femmes.

[345]: V. sur cet usage des masques notre t. 1, p. 307, note, et notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 105. Scarron, dans l'épistre citée, parle ainsi des masques à dentelle qu'on portoit de son temps: