[13]: Au temps des raffinés, il n'en falloit pas davantage pour qu'un duel s'ensuivît. Ecoutez ce que dit, par exemple, Mercutio à Benvolio: «Tu ressembles à ces hommes qui, en entrant dans une taverne, prennent leur épée et la posent sur la table en disant: «Dieu me fasse la grâce de n'avoir pas aujourd'hui besoin de toi!» Et bientôt, au second verre de vin qu'ils avalent, les voilà aux prises avec le premier venu, sans motif et sans nécessité... Tu te prendrois de querelle avec un homme pour un poil de plus ou de moins que toi au menton, ou parcequ'il casseroit des noix et que tu as les yeux couleur de noisette. N'as-tu pas cherché querelle à un homme parce qu'il toussoit dans la rue, et que cela éveilloit ton chien, qui dormoit au soleil? à un artisan, parcequ'il portoit son habit neuf avant les fêtes de Pâques? à un autre encore, parcequ'il nouoit d'un vieux ruban ses souliers neufs?» (Shakspeare, Roméo et Juliette, acte 3, scène 1re.)

[14]: Louis XIII, né le 27 septembre 1601, avoit vingt-un ans, et non dix-huit ans, en 1622, ce qui prouveroit que l'édition reproduite ici n'est pas la première qui eût paru de ce livret, mais qu'une autre, dont celle-ci est la copie textuelle, l'avoit précédée de trois ans.

[15]: Tout le monde sait ce qu'étoit cette sorte d'épée courte et à large lame, dont le nom, selon Fauchet, n'est que les mots grecs βραχεἶα μαχαἰρα francisé; mais ce qu'on sait moins, c'est que le diminutif du mot braquemart étoit braquet, que nous trouvons dans Francion, 1673, in-8, p. 299, et qui, sauf une très légère altération, est encore le nom donné au sabre de nos soldats d'infanterie.

[16]: Ces six provinces plus ou moins revenues à l'obéissance du roi sont la Guienne, le Languedoc, le Poitou, la Saintonge, qui s'étoient soulevées pour cause de religion, puis l'Anjou ainsi que l'Angoumois, où la disgrâce de la reine-mère avoit excité des troubles.

[17]: Le château du Coq ou des Porcherons ne fut jamais une résidence royale. Les rois s'y arrêtoient seulement, comme fit Louis XI avant son entrée à Paris le 15 août 1461. (Chron. de Jehan de Troyes, coll. Petitot, 1re série, t. 13, p. 260.)—C'est lors d'une halte semblable que furent sans doute signées les lettres-patentes dont il est parlé ici, et que nous n'avons pu retrouver.

[18]: Saint-Ouen, en effet, se trouvoit, dès l'époque mérovingienne, un château royal, qu'au moyen âge on appeloit la Noble-Maison. Les chevaliers de l'Etoile, dont l'ordre y fut institué en 1351 par le roi Jean, se nommoient pour cela chevaliers de l'Etoile de la Noble-Maison.

[19]: Le château de l'évêque de Wincester, dont le nom n'est guère reconnoissable dans celui qu'il a conservé, appartint, il est vrai, à un fils de France, Jean, duc de Berry, mais ne fut jamais pourtant une résidence royale.

[20]: Le château du Val-Vert ou Vauvert, dont le séjour de Philippe-Auguste, après son excommunication, avoit fait un lieu maudit et voué aux démons, fut donné aux Chartreux, en 1257, par saint Louis, qui pensoit ainsi le désensorceler. (Du Breul, le Théâtre des antiq. de Paris, Paris, 1639, in-4, p. 345.) Le souvenir diabolique a toutefois tenu bon: il se retrouve dans le nom de la rue d'Enfer, voisine du manoir damné, et le diable Vauvert est encore fameux.

[21]: C'était alors l'admiration de tout le monde. On parloit partout du «magnifique palais» de Marie de Médicis, lequel, «commencé dès l'an 1612, est, dit Du Breul (Id., Suppl., p. 43), l'un des plus beaux hôtels de Paris, contenant entre le carré de ses grands bastiments un grand jardin, bois, allées, parterres, fontaines, cabinets et reposoirs.» V. l'éloge qu'en fait aussi J. Du Lorens dans sa 3e satire, Paris, 1624, in-8, p. 17.

[22]: On connoît l'aventure à laquelle il est fait allusion ici, et qui a donné lieu au proverbe: Charbonnier est maître chez lui. Nous nous contenterons donc de renvoyer au livre 7 des Commentaires de Blaise de Montluc, où elle se trouve pour la première fois racontée.