[250]: Ce n'est pas ordinairement avec Gros-Guillaume, mais avec Gauthier Garguille, que Perrine est mise en scène. Dans les pièces où ils figurent ensemble, elle est donnée pour femme de ce dernier. V. surtout l'une des plus curieuses, déjà citée par l'abbé de Marolles (Mémoires, 1656, in-fol., p. 31), et réimprimée par Caron dans son recueil de facéties: La farce de la querelle de Gauthier Garguille et de Perrine, sa femme, avec la sentence de séparation entre eux rendue à Vaugirard, par a, e, i, o, u, à l'enseigne des Trois-Raves.—V. sur ces farceurs notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 277-282, notes.
[251]: Peut-être est-ce le cas d'adopter, pour la locution croquer le marmot, dont celle-ci n'est qu'une variante, l'étymologie qu'on trouve dans le Ducatiana, t. 2, p. 489. Croquer le marmot, ce seroit, d'après cette explication, charbonner des bonshommes sur les murs en attendant quelqu'un, ou par désœuvrement. D'autres veulent y voir une allusion aux amants morfondus qui, faisant le pied de grue à la porte de leurs maîtresses, se consoloient à baiser le marteau sculpté en marmot grotesque. Cette opinion peut se justifier par la miniature d'un roman du XVIe siècle, reproduite dans le Bibliographical Decameron de Dibdin, t. 1, p. 216, où l'on voit un jeune homme baisant ainsi le marteau de la porte de la maison où demeure sa dame; et aussi par plus d'un passage des auteurs du XVIe et du XVIIe siècle, notamment par une phrase de la comédie des Petits maîtres d'été (1696), qui nous représente ces Narcisses modernes passant l'hiver «à se morfondre sous les fenêtres des dames et à baiser les marteaux de leurs portes.»—Dans la Comédie des proverbes (acte 2, scène 5), Fierabras dit: «Je leur feray croquer le marmouset.»
[252]: Il n'est pas besoin de faire remarquer le jeu de mots qu'il y a ici sur l'espèce de grandes bottes, ou guêtres de cuir, qu'on appeloit grèves.
[253]: Le pain mouton, dont Le Grand d'Aussy a oublié de parler dans le chapitre qu'il consacre au pain (Vie privée des François, 3e section), étoit, suivant Furetière, une sorte de petits pains saupoudrés de grains de blé que les pâtissiers faisoient le jour des étrennes et que les valets donnoient aux petits enfants. Les auteurs du Dictionnaire de Trévoux trouvent dans ce mot une altération du mot panis mutuatus, qui se lit dans quelques vieux cartulaires. «Ce sont, disent-ils, de petits présents que les pauvres font aux riches, qui tiennent moins du don que de l'emprunt. Il (ce pain) est semé de petits grains de blé, qui sont le symbole de la multiplication, pour figurer le profit qu'on espère d'en tirer.» L'abbé de Marolles, dans sa traduction des Quinze livres des Deipnosophistes d'Athénée (Paris, 1680, in-4), ouvrage où l'on ne s'attendoit certes pas à trouver pareil renseignement, parle (p. 39) d'une femme qui couroit de son temps les rues de Paris en vendant du pain mouton, et qui s'étoit fait, pour le crier, «un air tout particulier».
[254]: Depuis Henri III, dont ce fut, comme on sait, le jouet favori (V. Journal de l'Estoille, juillet 1585), le bilboquet étoit resté de mode, si bien qu'en 1626, le duc de Nemours, fort expert en tous les amusements, régla pour les fêtes du Louvre un Ballet des bilboquets (Mémoires de Michel de Marolles, t. 1, p. 134).
[255]: L'or.—Ne l'appeloit-on pas ainsi parceque l'Inde, contrée de l'or, étoit aussi le pays des singes, auxquels, selon Ménage, on étoit d'usage de donner le nom de Bertrand?
[256]: Ce petit clocheteur, ou crocheteur, comme le peuple l'appeloit par altération, avoit été enlevé du sommet de la Samaritaine à cause des pasquils qui se publioient sous son nom. Concini, ne pouvant découvrir le véritable auteur de ces libelles, presque tous dirigés contre lui, avoit cru bon de s'en prendre à cette petite figure, qu'on en faisoit l'éditeur responsable. Le coup d'état eut lieu à propos d'un de ces pasquils en forme de harangue que le clocheteur étoit censé débiter au peuple. V. Première continuation du Mercure françois, in-8, 1611, p. 37.—On se moqua beaucoup dans le public de cette singulière vengeance du ministre. V. plus haut, p. [27], la pièce qui a pour titre Songe. Aussi, l'année suivante, le petit clocheteur étoit-il rétabli, et donnoit matière à la pièce, très rare aujourd'hui, que nous reproduisons. Cette affaire a été racontée sommairement par M. Bazin dans son petit volume la Cour de Marie de Médicis, p. 100.
[257]: Les voleurs étoient toujours nombreux autour de la Samaritaine, à cause des bons coups qu'ils pouvoient faire dans la foule des badauds attirés là par les clochettes du Jacquemard mis ici en scène. V. notre t. 3, p. 148, note.
[258]: Ce détail confirme ce qu'on lit dans la Continuation du Mercure, à savoir que le petit clocheteur étoit debout sur une cloche, qu'il frappoit aux heures et aux demies avec un marteau placé entre ses jambes.
[259]: Allusion aux crochets que les crocheteurs portent sur leur dos, et dont la forme, assez semblable à celle des ailes d'un ange, étoit cause qu'on les appeloit Anges de Grève. V. sur cette expression populaire la citation d'un passage de l'Eugène de Jodelle, à la p. 179 de notre t. 3.