[260]: Les filles de joie firent de tout temps leurs caravanes sur le Pont-Neuf. V. le Tracas de Paris de Fr. Colletet. Il avoit hérité pour cela du dicton populaire qui, avant sa construction, avoit cours à propos du Grand-Pont, ou Pont-au-Change. V. Description de la ville de Paris au XVe siècle, par Guillebert de Metz, publiée par M. Le Roux de Lincy, Paris, Aubry, 1856, p. 55. Chamfort raconte une jolie anecdote au sujet de ce dicton, qui veut, comme on sait, que toute personne passant sur le Pont-Neuf y rencontre une de ces dames, un moine et un cheval blanc. Deux femmes de vertu très moyenne le traversoient. Le cheval passe, puis le moine. L'une des deux en fait la remarque.—Mais ce n'est pas assez, dit l'autre.—Oh! pour le reste, réplique la première, nous savons toutes deux à quoi nous en tenir. Le proverbe étoit deux fois vrai ce jour-là.

[261]: Les maîtres des basses œuvres étoient ces maistres escureurs de privés dont il vient d'être parlé. On les appeloit aussi maistres Fifi. V. Le Duchat, notes sur Rabelais, édit. in-12, 1732, t. 2, p. 197.

[262]: Boisrobert, dans sa charmante pièce l'Hyver de Paris, nous parle ainsi de la Samaritaine, gelée par les grands froids:

La Samaritaine, enrhumée,
N'a plus sa voix accoutumée;
Sa cruche, pleine jusqu'au fond,
Ne verse plus d'eau sur le pont.

[263]: Plusieurs années après le rétablissement du petit clocheteur, mais nous ne savons à quelle époque au juste, la Samaritaine perdit encore sa sonnerie. Elle s'en plaint ainsi dans les rimes redoublées de d'Assoucy:

Je n'etois pas si defroquée
Du temps que messieurs les laquais
Et mes paladins sans haquets
Pour moi quittaient Margot la fée,
Cartes, et dés et bilboquets...,
Les enfants les marionnettes,
Les polissons les ricochets,
Les courtisans leurs gaudinettes,
Et mes filoux leurs tourniquets,
Et que messieurs portant serpettes,
Mes valeureux taille-goussets,
Dont les mains gourdes, en pochettes
Se rechauffent à peu de frais,
Venoient ouïr de mes clochettes
Les tons si doux et si parfaits.

[264]: Le jeu de l'hombre, mot qui, en espagnol, veut dire homme. On a fait sur ce jeu et sur les termes qu'on y emploie plus d'une équivoque du genre de celle qui se trouve ici. On lit, par exemple, ces six vers, dans une des lettres de Boursault (t. 2, p. 76).

Une fille jolie et de condition,
De qui le jeu de l'hombre est l'inclination
S'écrioit l'autre jour d'une voix assez forte:
Eh! mon Dieu! que je joue avec peu d'agrément!
Quoy, faut-il qu'eternellement
Rien ne m'entre en ce que je porte!

[265]: C'est le bourreau dont le fameux Jean Guillaume, maître des hautes œuvres de Richelieu, fut le successeur.

[266]: Il y a sans doute ici une allusion à quelques différends survenus entre les marchands de moutarde et les apothicaires, qui les uns et les autres faisoient partie du corps des épiciers. Le nom de Mitton doit évidemment désigner un de ces pharmacopoles faiseurs d'onguent miton-mitaine. Ce mot s'employoit déjà. V. Ducatiana, 1, 89.