[25]: Chaque coin de rue avoit alors son savetier, qui étoit le grand causeur, le grand gabeur, le gazetier de tout le voisinage. On connoît cette jolie épigramme de d'Aceilly:
Le savetier de notre coin
Rit, chante et boit sans aucun soin.
Nulle affaire ne l'importune.
Pourvu qu'il ait un cuir entier,
Il se moque de la fortune
Et se rit de tout le quartier.
[26]: C'est à peu près le vers du Menteur:
Les gens que vous tuez se portent assez bien.
[27]: Le luxe des panaches étoit une des grandes dépenses des courtisans. Une plume d'un demi-quart d'écu étoit du dernier misérable. Le Mascarille des Précieuses (scène 10) se vante que chaque brin des siennes lui coûte un louis d'or.—Les panaches se portaient surtout à l'armée, ce qui fait dire par du Lorens, dans une de ses Satyres, 1624, in-8, p. 60:
Si la guerre n'étoit un moyen de voler,
Sans ailes ni sans plume on n'y voudrait aller.
[28]: Comme les Espagnols, grands mangeurs d'escargots et d'oignons, et que toutes les caricatures du temps nous représentent largement pourvus de ces denrées. V. Musée de la Caricature, premières livraisons.
[29]: On connoît ce passage de la Luciade où Lucius, changé en âne, retrouve sa forme humaine après avoir mangé une couronne de roses. V. la traduction de P. L. Courier, Œuvres, édit. du Panthéon littéraire, p. 135.
[30]: On n'est pas bien d'accord sur l'origine de cette locution proverbiale. Il se pourroit qu'elle vînt de l'anecdote dont nous avons déjà parlé (t. 5, p. 186), et qui nous montre François Ier se décidant tout à coup à substituer la langue françoise à la langue latine dans les tribunaux, parce-qu'un seigneur que la cour avoit debouté (debotaverat) avoit cru être débotté par elle. Cette importante mesure auroit, en effet, été prise ainsi à propos de bottes. M. Quitard pense cependant que cette expression est plus ancienne. Il dit l'avoir retrouvée dans un livre antérieur au règne de François Ier, avec une note marginale qui en attribuoit l'origine aux exactions que les Anglois, maîtres de la France, commettoient contre les paysans, jusque là qu'ils prélevoient de fortes dîmes et de grosses sommes pour leurs souliers et leurs bottes. (Quitard, Dictionnaire des Proverbes, p. 163-164.)
[31]: C'est ce que G. Naudé, dans le Mascurat, in-4, p. 187, appelle des chapeaux en pot à beurre.