[95]: C'est le verbe finer, dont on trouve un exemple avec ce sens dans un rondeau de Victor Brodeau:

Au bon vieux temps que l'amour par bouquets
Se demenoit, et par joyeux caquets,
La femme estoit trop sotte ou trop peu fine;
Le Temps depuis, qui tout fine et affine,
Lui a montré à faire ses acquets.

Finer se prit aussi pour fournir, selon le P. Labbe dans ses Etymologies des mots françois, au mot Fin, et enfin dans le sens de payer, financer, exemple ces vers du 49e psaume de Théodore de Bèze:

Car le rachat de leur ame est trop cher
Pour en finer.....

La Mothe Le Vayer, dans son Traité de l'institution du prince, est aussi d'avis que finance est un dérivé du verbe finer, pris dans le sens de finir, terminer. «De là vient, dit-il, que finance est la même chose que le vieux mot chevance, parce qu'avec l'argent on finit et on achève les choses les plus difficiles.»

[96]: Ce prélèvement du huitième, toujours en vigueur, n'avoit pas empêché un second impôt de dix sols sur chaque muid de vin, que la ville avoit établi en 1601 pour la réparation des fontaines de Paris, et que Henri IV maintint pour en employer les fonds à l'achèvement du Pont-Neuf, et ensuite à la réparation des quais. V. Félibien, Hist. de Paris, t. 5, p. 483, et notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 24, note.—En 1607, d'après la pièce donnée par la Revue rétrospective, cet impôt pour le pont de Paris, ainsi qu'il y est désigné, grevoit la généralité de Paris de 15,500 livres.

[97]: Jean déclara que, dans les pays de langue d'oïl, une aide de douze deniers pour livre seroit levée et perçue sur toutes les marchandises vendues, du cinquième sur le sel et du treizième sur le vin et autres breuvages, jusqu'à la perfection et entérinement de la paix, ce qui veut dire jusqu'à l'entier paiement de sa rançon. (Secousse, Recueil des ordonn. des rois de France, t. 3, p. XCI, et 433, 441.)—V. aussi, dans les Mélanges de littérature et d'histoire de la Société des bibliophiles françois, Paris, 1850, in-8, p. 145-191, le savant travail de M. L. Dessales, Rançon du roi Jean.

[98]: Cette phrase manque dans la pièce donnée par la Revue rétrospective.

[99]: C'est-à-dire 149. La pièce de 1607 donne le même chiffre. En additionnant toutefois les nombres qui suivent, on trouve un total de 162 élections au lieu de 149; mais c'est bien ce dernier chiffre qui est le véritable. On l'obtient en rétablissant, d'après l'état de 1607, trois des nombres qui sont fautifs ici, en marquant pour la généralité de Bourges 5 élections au lieu de 9, pour celle de Moulins 7 au lieu de 8, et enfin 21 pour celle de Rouen au lieu de 29.

[100]: Ce total est encore fautif. L'addition, mieux faite, donne seulement 23,159 paroisses. Dans la pièce de 1607, où le calcul n'est pas meilleur, on en trouve 23,140. Le Pouillé général compte 30,419 cures; ajoutez, toujours d'après son évaluation, 18,537 chapelles, 1500 abbayes, 2812 prieurés, 931 maladreries, 80 chapitres ayant église, et vous arrivez à un total de 44,279 clochers, ce qui est bien loin des dix-sept cent mille dont il est parlé dans le Calcul et dénombrement de la valeur et du royaume de France, par Jacques Cœur (Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l'histoire de France, 1785, in-8, t. 9). De ce nombre «il rescindoit, y est-il dit, pour pays gastés ou autrement, sept cent mille, et par ainsi demeuroit ung million de clochiers, et à prendre sur chacun clochier, le fort portant le feuble, vingt livres tournois par an pour toutes aides, tailles, impositions et huitième, se monte en somme par chacun an vingt millions, qui satisferont à ce qui s'en suit, etc ...» Dans un article de l'Esprit des journaux (août 1786, p. 106, note) l'on a fait voir tout ce qu'il y a d'exagération dans ces chiffres, auxquels M. de Chateaubriand (Analyse raisonnée de l'hist. de France, édit. Didot, in-12, p. 134), et après lui beaucoup d'autres, se sont pourtant laissé prendre. «Il est bien évident, lisons-nous donc dans l'Esprit des journaux, que l'argentier de Charles VII se trompe ici ... Mais l'erreur ne doit pas lui être attribuée: le copistes doivent avoir supprimé ou ajouté des zéros aux chiffres. Ainsi, en supposant qu'il n'y avoit, de son temps, que dix-sept mille clochers en France, comme il est clair qu'il l'avoit calculé, en en rescindant sept mille gastés par les guerres, et en mettant deux mille livres tournois au lieu de vingt, ses calculs sont justes.»