[226]: C'étoit le petit plomb avec lequel on tiroit sur le menu gibier.

[227]: Dans l'armée, on étoit de l'avis de Poumerol: aussi fut-on long-temps avant d'y admettre le fusil. C'est en 1670 seulement qu'on l'adopta comme arme de guerre, après lui avoir fait subir quelques modifications réglées par l'ordonnance du 6 février de cette année-là, et qui ont rendu son mécanisme à peu près semblable, sauf la légèreté, à celui qui est encore en usage. L'année suivante fut créé le régiment des fusiliers, qui devoit son nom à l'arme spéciale dont chaque homme étoit muni. En 1692, l'usage s'en étendit à tous les régiments. L'ordonnance du 12 décembre détermina le nombre d'hommes qui en porteroient dans chaque compagnie. Malheureusement, c'étoit un nombre très restreint; il n'y en avoit que quatre pour les compagnies ordinaires et dix pour celles des gardes. Les autres avoient le mousquet à rouet ou la pique. En 1703, rien n'étoit changé; Villars se plaignoit encore de ce qu'il y eût dans son armée trop peu d'hommes armés de fusils; le tiers des bataillons en manquoit alors. «Au siége de Kehl, écrit-il à Chamillart, ceux qui descendoient la tranchée étoient obligés d'en laisser la plus grande partie pour ceux qui la montoient.» (Mémoires de Villars, Collect. Michaud et Poujoulat, p. 199.)

[228]: A cette époque, la batterie étoit souvent ciselée, soit en forme de coq tenant la pierre dans son bec, soit en forme de chien la tenant dans la gueule; les deux mots, employés tous deux par notre poète, sont donc identiques. La dernière de ces deux représentations, qui offroit plus de garantie de force, ayant été employée plus souvent, le mot de chien survécut à celui du coq, et on sait qu'il est encore en usage, malgré l'abandon de toute figure.

[229]: C'est-à-dire Mars. Enyo est le nom grec de Bellone.

[230]: Libre, sans gêne. On disoit plus ordinairement à délivre.

[231]: Les Sirènes, filles d'Acheloüs.

[232]: On sait que les huîtres perlières dont l'écaille fournit la nacre se pêchaient alors exclusivement dans le golfe Persique.

[233]: Du latin incomptus, en désordre. Je ne connois pas d'usage plus ancien du mot incompatible. Il étoit encore si nouveau au milieu du XVIIe siècle dans le sens qu'il a gardé, que M. Sainte-Beuve (Revue des Deux-Mondes, 1er janv. 1848, p. 3) s'étonne de le trouver dans les œuvres du chevalier de Méré, et le recommande à l'Académie pour son Dictionnaire historique, si jamais il arrive jusqu'à l'I. Malheureusement personne ne peut en répondre, et ce n'est pas surtout le cas de dire: Qui vivra verra.

[234]: V., sur ces prétentions des bourgeoises, une pièce de notre t. 1, Le bruit qui court de l'épousée.

[235]: On trouve dans les fragments du Voyage de Locke en France, de 1675 à 1679, donnés par la Revue de Paris, t. 14, un passage sur l'état des paysans qu'on peut rapprocher de celui-ci. «J'ai, dit Locke, p. 75, causé long-temps avec un paysan, qui m'a dit qu'il avoit trois enfants en bas âge, et que pour nourrir sa femme, lui-même et ses enfants, il gagnoit sept sous par jour. Là-dessus il falloit payer la taille, le loyer de la cabane, et vivre, non seulement pendant les jours ouvrables, mais les dimanches et jours fériés, jours où l'on ne travailloit pas. La maison de ce malheureux, ou plutôt la hutte misérable où sa famille étoit entassée, ne se composoit que d'une seule chambre à une seule porte, sans fenêtre ni cheminée, découverte par le haut et de l'aspect le plus affreux. Il louoit ce taudis douze écus par an, plus quatre livres pour la taille. Quelques jours auparavant, le collecteur avoit enlevé les ustensiles du ménage, la poêle à frire et la marmite. Pour nourriture ordinaire, ces pauvres gens n'ont que du pain de seigle et d'avoine et de l'eau, rarement de la viande.» Ailleurs, p. 15, il avoit dit, après une visite faite aux galères de Marseille: «Les galériens ont meilleure mine que les paysans.»