[398]: Dans la Prise du capitaine Carfour, etc., son arrestation est racontée tout autrement. C'est dans un cabaret des environs de Fontainebleau qu'on l'auroit saisi, après une rixe avec un gentilhomme languedocien qui se faisoit gloire d'appartenir au roi, et à qui le bandit auroit répliqué que lui, Carrefour, n'appartenoit qu'à lui-même. On en seroit venu aux mains, et Carrefour, saisi par les gens de la suite du Languedocien, puis reconnu par un des paysans accouru au bruit, auroit été livré à la justice. Le récit donné ici a plus de vraisemblance et doit être le seul vrai.

[399]: La paix venoit de se faire avec les calvinistes. Un édit de pacification avoit été rendu à Paris et enregistré par le Parlement. C'étoit le cinquième qu'eussent obtenu les huguenots, et l'on pouvoit craindre qu'il n'eût pas de plus longs effets que les autres.

[400]: La bourse. V., sur ce mot, p. [9].

[401]: On lit dans la Complainte des pauvres catholiques de la France et principalement de Paris, sur les cruautés et rançons qu'on leur a fait esprouver (Recueil de L'Estoille):

Le Paysan.

Je parleray du camp
Et des cruaultés grandes
Des huguenots meschans
Qui vont avec leurs bandes.
Ils viennent dans nos granges,
Aussi dans nos maisons,
En prenant, chose estrange!
Chevaux, bœufs et moutons.

Encor, n'estant content
D'avoir nos biens et bestes,
Nous lie et nous mettant,
Nous bandent yeux et testes,
Nous battent et nous moleste,
Jurant et blasphemant:
«Faut que rançon tu paye,
Cent escus tout comptant.»

[402]: C'est ainsi, après les guerres, qu'on vit un peu plus tard paroître Guillery et sa bande. Ils se jetoient sur les marchands, qui, la paix étant signée, croyoient pouvoir aller en toute sécurité par les chemins. Selon L'Estoille (fin sept. 1608), «ils avoient pris pour devise, qu'ils avoient affichée en plusieurs arbres des grands chemins: Paix aux gentilshommes! la mort aux prevosts et archers, et la bourse aux marchands! ce qu'ils ont réellement executé maintes fois, ayant tué tous les prevôts et archers qui etoient tombés entre leurs mains et devalisé les marchands.»

[403]: Beaucoup de gens de village qui s'étoient faits soldats ne vouloient plus, la paix faite, retourner aux champs. L'épée, à ce qu'ils pensoient, les avoit faits nobles, et, avec le travail, ils redeviendroient vilains comme devant. Il est parlé dans le Paysan françois, p. 10, de plus d'un «qui avoit changé son coultre en une espée, et sa vache en une arcbuze, et se faisoient appeler l'un monsieur du Ruisseau, l'autre de la Planche, du Buisson, et tels autres surnoms et lettres de seigneurie de guerre, indices de leur première vacation».

[404]: Se cachent.