Au Bonheur.

Bonheur, qui peux beaucoup et qui n'as rien d'injuste,
Qui conduis les desseins de nostre grand Auguste,
Sous le vouloir de Dieu et de Sa Majesté,
Je te prie et conjure, au nom de ce monarque,
De vouloir empescher que d'aucun aristarque
Ce petit avorton ne soit trop molesté.

Au mesme.

La chauve Occasion[218], qui va sur une boule,
Ny la Fortune aussi, qu'entre le peuple roule,
Ne sont pas tant que toy en ce bas univers.
Parquoy, de tout mon cœur, je te supplie encore,
O souverain Bonheur, que j'aime et que j'honore!
D'estre le sauf-conduit de moy et de mes vers.

Aux Censeurs.

Censeurs que je redoute, et non sans apparence,
Attendu qu'en mes vers on ne voit qu'ignorance
Et que confusion;
Traitez-moy doucement en ceste poesie,
Et je me souviendray de vostre courtoisie
En toute occasion.

Aux Lecteurs.

Lecteurs, qui ne sçavez d'où ny de quelle marque
Est celuy qui dedie à nostre grand monarque
Des quatrains si mal faits,
C'est un pauvre artisan, Auvergnat de naissance,
Lequel par ses escrits vous donne cognoissance
De ses petits effects.


Quatrains au Roy.