[260]: Intrigues, cabales. Le recteur Rose, dans sa harangue, dit au duc de Mayenne: «Ces politiques ont des dragons sur les champs qui prennent tous vos pacquets et devinent par politique tous vos chiffres..., si bien qu'ils sçavent toutes vos faciendes, et à Rome, et à Madrid, et en Savoye, et en Allemagne...» (Satire Menippée, édit. Charpentier, p. 106.) De ce mot étoit venu celui de faciendaire, que Pasquier (Recherches de la France, liv. 6, ch. 27) a employé au sujet du pape Pie II: «Homme grand faciendaire, dit-il, ainsi qu'il l'avoit bien fait paroître par ses déportements.»
[261]: Mot que celui de bandit a remplacé depuis. V. notre t. 6, p. 323, note.
[262]: Quoiqu'on eût mis des entraves à l'établissement des banquiers italiens à Paris, ils s'y étoient bientôt trouvés en grand nombre. Ils avoient payé la pension de 15,000 écus sols qu'on exigeoit d'eux au préalable, d'après l'ordonnance de Saint-Germain-en-Laye de 1561, et ainsi autorisés ils s'étoient mis en mesure de la reprendre par fractions sur ceux qui vouloient bien se faire leurs clients. Pendant la régence de Marie de Médicis, le nombre des banques italiennes augmenta encore à Paris. V. notre édition des Caquets, p. 40, note, et notre t. 6, p. 279-280, note. Toutes les grosses affaires de France étoient aux mains de ces hommes d'argent, «sortis du fin fond de la Lombardie», comme il est dit dans une pièce de notre t. 3, p. 174. Cette pièce, qui roule toute sur les malversations des gens de finance à cette époque, Lombards ou autres, a pour titre: La rencontre merveilleuse de Piedaigrette avec maistre Guillaume, etc. Le nom de l'auteur nous avoit échappé. Notre ami Ch. d'Héricault nous a fait remarquer qu'il se trouve en acrostiche dans les vers qui terminent la pièce. Toutes les initiales réunies forment Noel Mauraisin.—Pour en finir avec ces banquiers d'Italie, nous nommerons encore l'un des plus célèbres, Lumagna, qui a déjà été cité au passage dans une pièce de notre t. 2, p. 99. Mademoiselle de Polaillon, veuve de notre résident à Raguse et fondatrice de l'institut des filles de la Providence, au faubourg Saint-Victor, en 1630 (Tallem., in-12, t. 10, p. 114-116), étoit de cette famille, sur laquelle on trouvera de très intéressants détails dans les Œuvres posthumes de Grosley, Biographie des Troyens célèbres, à l'article des Colbert, qui furent les correspondants des Lumagna.
[263]: Catherine de Médicis.
[264]: Ce château, bâti au XIIIe siècle, sur l'emplacement de la Grange aux Queux, par Jean, évêque de Wincester, dont le nom, altéré dans le langage parisien, devint celui de Vicestre ou Bicestre, étoit passé, au siècle suivant, entre les mains du duc de Berry, frère de Charles VI, qui en avoit fait don au chapitre de Notre-Dame. Jusqu'en 1632, il ne changea plus de propriétaire. C'est Louis XIII qui l'acheta alors. Il tomboit en ruine, et il fallut le rebâtir tout entier. «L'an 1632, lit-on dans le Supplément des Antiquités de Paris de Du Breuil, 1639, in-4, p. 87, ce château fut entièrement rasé jusqu'aux fondements, et de la grande place où il estoit on desseigna y faire un lieu pour y loger et recevoir les soldats estropiez aux guerres pour le service du Roy, et, dès lors, on commença la closture des murailles, avec quatre pavillons aux quatre coings, où on fit bastir une chapelle qui fut béniste par l'archevesque.»
[265]: Sur cette enseigne, V. notre t. 6, p. 5, note.
[266]: «L'an 1633, lit-on encore dans le Supplément de Du Breul, p. 87, le Roy fit une déclaration par laquelle il se déclaroit fondateur d'une commanderie qui se commençoit avoir lieu sous le nom de Sainct-Louys, et dès lors les allignements furent pris pour les bastiments, qui doivent être en quarré...»
[267]: La maison de la Charité chrestienne, fondée par Nicolas Houel, rue de Lourcine, avec le patronage royal de Henri III et de son successeur, avoit été le premier asile qu'on eût ouvert aux soldats invalides. V. notre t. 6, p. 64-65, note, et Isambert, Anciennes lois franç., t. 14, p. 599; t. 15, p. 301. Pendant la Fronde, Bicêtre leur servoit encore de refuge; mais une partie des bâtiments, qui s'étoient construits à grand peine et surtout lentement, car en 1639 ils étoient loin d'être achevés, souffrirent beaucoup des troubles: ils furent presque démolis. Les invalides, réfugiés dans ce qui avoit été respecté, furent sollicités à la révolte par les Frondeurs. Ils s'y seroient laissé entraîner si, lit-on dans une mazarinade, l'influence factieuse n'eût été heureusement combattue «par un ecclésiastique de grande maison, qui, avec un autre ecclésiastique et un maréchal de France, avoit été chargé de la conduite de Bicêtre.» (Remontrance au peuple par L. S. D. N. L. S. C. E. T., 1649, in-4.)—Jusqu'en 1656 les invalides y restèrent. Cette année-là, par ordonnance royale en date du 27 avril, les enfants trouvés durent prendre leur place, «en attendant, lit-on dans l'ordonnance, que les pauvres fussent renfermez, à quoy les lieux et bastiments de Bicestre ont été par nous affectez, revoquant, en tarit que de besoin seroit, tous autres brevets et concessions qui pourroient en avoir été obtenus en faveur des pauvres soldats estropiez.» Quelque temps après, Bicestre recevoit sa part des dix mille pauvres dont on avoit fait raffle dans les rues de Paris. V. notre édit. du Roman bourgeois, p. 311, note.
[268]: Nous donnons cette pièce, beaucoup moins à cause de son intérêt, qui, nous en convenons, est à peu près nul, que comme un nouveau spécimen du genre de plaisanteries lourdes et pédantes alors populaires à Paris. Cette pièce, en effet, est de celles qui se crioient par les rues et sur le Pont-Neuf, où maistre Guillaume les vendoit lui-même. V. notre t. 4, p. 53-84. L'Estoile, qui aimoit à faire collection de ces sortes de niaiseries, n'a pas oublié celle-ci: «On m'a donné, dit-il, trois fadèzes nouvelles, qu'on crioit par les rues, D'un gentilhomme de Savoye defendu des voleurs par son chien; LA SCIENCE DES FEMMES, TROUVÉE DANS UN DES SABOTS DE MAISTRE GUILLAUME; et un nouveau miracle avenu près de Barcelonne, de deux enfans mangés d'un pourceau, et de deux autres brûlés par la mère, dans son four, sans y penser.» C'est sous la date du 13 mars 1607 qu'il a écrit cela dans son Journal, et notre pièce porte celle de 1622. Ainsi, non seulement ces sottises se vendoient, mais se vendoient bien, et l'on en faisoit de nouvelles éditions! M. G. Brunet a consacré à ces canards du temps passé un intéressant article dans le Bulletin de l'alliance des arts. (25 décembre 1843.)
[269]: Le livre du Soldat françois, qui, en 1607, époque de la première edition de cette pièce, faisoit beaucoup de bruit.