[270]: Rideaux de lit. On lit dans Du Lorens, satire VII, p. 167:

Ils lui baillent souvent le fouet sous la custode.

V. aussi p. [176]. Ce mot étoit du féminin, et non du masculin, comme on le donne ici. Peut-être vient-il de cultz, couche, qui se trouve dans la Chanson de Roland, ch. 3, v. 686. Avant que le mot alcôve nous fût arrivé d'Espagne et eût été introduit dans notre langue par les Précieuses (V. Walckenaer, Mém. sur la vie de Madame de Sévigné, t. 2, p. 387), c'est custode qui se prenoit dans le même sens. La mazarinade qui a pour titre: La custode du lit de la reine, est fameuse. On devine les scandales qu'elle raconte.

[271]: M. Leber possédoit cette pièce, qui se trouve comprise sous le no 4320 du Catalogue de sa bibliothèque, t. 2, p. 300. Il n'a pas dit de qui elle est, nous ne le dirons pas davantage. On en trouva une copie dans les papiers de Charles Perrault, ce qui fit croire par quelques personnes qu'il en étoit l'auteur; mais c'est tout simplement impossible: la date du poème suffit pour le prouver. En 1637, Charles Perrault n'avoit que neuf ans, et il n'y avoit alors que le petit Beauchâteau capable de faire, surtout de pareils vers, à cet âge-là. C'est à cause de la singularité du poème et de sa rareté que Ch. Perrault en avoit sans doute pris copie. L'autographe de 8 pages in-fol. accompagné d'un dessin représentant le génie de la règle se trouve indiqué dans le Catalogue d'une belle collection d'autographes, etc. (16 avril 1846), p. 53, no 363.

[272]: On sait qu'enfermé avec son fils Icare dans le Labyrinthe, il parvint à se sauver avec les ailes qu'il inventa, tandis que son fils périt.

[273]: C'est lui qui avoit fabriqué la fameuse vache dans laquelle s'enferma Pasiphaé, amoureuse du taureau.

[274]: C'est-à-dire de ses tempes, de sa tête.

[275]: V., pour le meurtre de Perdix par Dedale, et sa métamorphose en perdrix, les Métamorphoses d'Ovide, liv. 8, v. 244 et suiv.

[276]: Ce poëme, dont il n'est pas besoin de faire remarquer l'académique ingéniosité, est bien du temps où l'on sembloit s'évertuer à refaire des Métamorphoses à la façon de celles d'Ovide; où l'on voyoit Habert de Cerizy composer la Métamorphose des yeux de Philis en astres, 1639, in-8 (V. Roman bourgeois, édit. elzevir., p. 149, note); où l'abbé Cotin écrivoit Uranie ou la Métamorphose d'une nymphe en orange, poëme à la suite duquel il donnoit les Amours du Jour et de la Nuit, par le comte de Cramail. V. notre travail sur celui-ci, Revue française, t. 2, p. 287.

[277]: Il est bien vrai que les dernières années du règne de Henri IV furent l'époque la plus heureuse pour les campagnes. On trouve un tableau délicieux de cette prospérité des champs aux premières pages des Mémoires de l'abbé de Marolles. M. Sainte-Beuve l'a déjà cité dernièrement dans un article sur l'Histoire d'Henri IV, par M. Poirson (Moniteur universel, 16 février 1857); nous ne pouvons mieux faire que de le reproduire aussi à propos des regrets de ces pauvres paysans champêtres: «Je revois, dit l'abbé de Marolles, avec un plaisir non pareil, la beauté des campagnes d'alors; il me semble qu'elles étoient plus fertiles qu'elles n'ont été depuis, que les prairies étoient plus verdoyantes qu'elles ne sont à présent, et que nos arbres avoient plus de fruit... Le bétail étoit mené sûrement aux champs, et les laboureurs versoient les guérets pour y jeter les blés que les leveurs de taille et les gens de guerre n'avoient pas ravagés. Ils avoient leurs meubles et leurs provisions nécessaires, et couchoient dans leur lit. Quand la saison de la récolte étoit venue, il y avoit plaisir de voir les troupes de moissonneurs, courbés les uns près des autres, dépouiller les sillons, et ramasser au retour les javelles, que les plus robustes lioient ensemble, tandis que les autres chargeoient les gerbes dans les charrettes et que les enfants, gardant de loin les troupeaux, glanoient les épis, qu'une oubliance affectée avoit laissés pour les réjouir. Les robustes filles de village scioient les blés, comme les garçons, et le travail des uns et des autres étoit entrecoupé de temps en temps par un repas rustique, qui se prenoit à l'ombre d'un cormier ou d'un poirier qui abattoit ses branches chargées de fruits jusqu'à la portée de leurs bras.» Le bon abbé donne un peu plus loin quelques détails particuliers à cette belle province de Touraine, où il étoit né en 1610. Il avoit donc dix ans à l'époque fortunée dont il fait la description, et c'est ce qui en explique le charme. Son style prosaïque ne pouvoit se colorer qu'aux souvenirs de l'enfance: «Après la moisson, dit-il, les paysans choisissoient un jour de fête pour s'assembler et faire un petit festin qu'ils appeloient l'Oison de métive (moisson); à quoi ils convioient non seulement leurs amis, mais encore leurs maîtres, qui les combloient de joie s'ils se donnoient la peine d'y aller. Quand les bornes gens faisoient les noces de leurs enfans, c'étoit un plaisir d'en voir l'appareil; car, outre les beaux habits de l'épousée, qui n'étoient pas moins que d'une robe rouge et d'une coiffure en broderie de faux clinquant et de perles de verre, les parents étoient vêtus de leurs robes bleues bien plissées, qu'ils tiroient de leurs coffres parfumés de lavande, de roses sèches et de romarin; je dis les hommes aussi bien que les femmes, car c'est ainsi qu'ils appeloient le manteau froncé qu'ils mettoient sur leurs épaules, ayant un collet haut et droit comme celui du manteau de quelques religieux; et les paysannes, proprement coiffées, y paroissoient avec leurs corps de cotte de deux couleurs. Les livrées des épousailles n'y étoient point oubliées; chacun les portoit à sa ceinture ou sur le haut de manche. Il y avoit un concert de musettes, de flûtes et de hautbois, et, après un banquet somptueux, la danse rustique duroit jusqu'au soir. On ne se plaignoit point des impositions excessives; chacun payoit sa taxe avec gaîté, et je n'ai point de mémoire d'avoir ouï dire qu'alors un passage de gens de guerre eût pillé une paroisse, bien loin d'avoir désolé des provinces entières, comme il ne s'est vu que trop souvent depuis par la violence des ennemis.—Telle étoit la fin du règne du bon roi Henri IV, qui fut la fin de beaucoup de biens et le commencement de beaucoup de maux, quand une furie enragée ôta la vie à ce grand prince...» (Mémoires de Michel de Marolles, 1755, in-12, t. 2, p. 20-24.)