[60]: La fête des Saints-Innocents étoit au nombre de celles qu'on avoit retranchées. V. notre t. 6, p. 249.
[61]: Cette pièce, qui n'a été publiée que par le Journal de l'Institut historique, avril 1841, p. 133-134, n'est pas la seule du même genre que nous trouvions dans la première moitié du 17e siècle. Lorsque les temps devenoient durs pour les pauvres gens, il n'étoit pas rare de voir s'élever de pareilles requêtes, et, comme on en va voir la preuve, le Parlement y faisoit presque toujours droit, du moins dans une certaine mesure. Voici, par exemple, ce que nous trouvons à l'une des époques les plus difficiles du règne de Louis XIII: Sentences et réglement donnés par monsieur le prevost de Paris ou monsieur le lieutenant civil, le present mois d'aoust mil six cent vingt deux, contenant les diminutions ordonnées pour les loyers des maisons de la ville et fauxbourgs de Paris. A Paris, chez la veuve Hubert Velut, rue de la Tannerie, près de la Grève, 1628, in-8. Il s'agit d'un certain nombre de maîtres de logis et chambres garnies qui, après avoir demandé vainement à leurs propriétaires une diminution pour le loyer des maisons qu'ils sous-louoient en détail, ont adressé au Parlement la même rère, exaucée alors, mais à condition toutefois que la diminution accordée entraîneroit d'elle-même la résiliation des baux. Les demandeurs, pour appuyer la requête à laquelle on faisoit droit ainsi, avoient dit: «Que, pour essayer à gagner quelque chose pour subvenir à leurs familles, ils avoient pris à ferme les logis où ils sont, demeurant siz au quartier du Louvre, pour y loger en chambre garnie et prendre des pensionnaires; mais, à cause de la longue absence du roy qui rend ledit quartier du Louvre, voire toute la ville de Paris, déserte de monde, au prix de ce qu'il y en a lorsque Sa Majesté est résidente, ils n'ont personne de logé chez eux, soit en pension, soit en chambre garnie, tellement que lesdits logements, dont ils payent de grands loyers, leur sont du tout inutiles et à grandes charges.» La même année parut Sentence de monsieur le prévost de Paris, ou monsieur son lieutenant civil, commissaire député de la Cour, portant réglement sur la diminution des loyers des maisons de celle ville et faulxbourgs de Paris, requise par les locataires contre les propriétaires. A Paris, chez Isaac Mesnier, rue Saint-Jacques, 1622. L'année suivante, autre arrêt, mais d'une importance plus grande: Règlement général pour le rabais des loyers des maisons. A Paris, chez P. Rocolet, libraire et imprimeur de la ville, 1623, in-8. Il est rendu, «veu l'arrêt de la Cour de Parlement obtenu sur la requeste présentée par les pauvres locataires qui tiennent logis et chambres garnies en la dicte ville de Paris, le 27 octobre 1623, portant que, pour leur estre pourveu sur la diminution par eux requise à cause de la maladie contagieuse advenue en ceste dite ville et fauxbourgs, ils se pourvoyroient par devers nous, et que ce qui seroit par nous ordonné seroit exécuté, nonobstant opposition ou appellation quelconques... et, tout veu, nous disons, par délibération du conseil, ouy sur ce le procureur du roy, que diminution est faicte aux dits locataires qui n'ont payé, du quart du terme de Saint-Jean à la Saint-Remy, et du demi-quart du terme de Saint-Remy à Noël prochain.» Deux ans après, un arrêt du même genre fut encore rendu, mais nous ne savons sur quels motifs; nous ne le connoissons, en effet, que par son titre, reproduit ainsi, sous le no 818 du Catalogue des livres de M. Leroux de Lincy: Règlement général pour le rabais des loyers des maisons du 22 août 1625, signé Musnier. Paris, 1625, in-8.—Au temps de la Fronde, les plaintes recommencèrent avec la misère des pauvres gens, et le Parlement, plus que jamais souverain, ne manqua pas d'y faire droit. La pièce donnée ici est de cette époque, mais dans la dernière période. Les années qui avoient précédé furent celles où les arrêts de cette nature se multiplièrent le plus. Nous n'en comptons pas moins de cinq pour la seule année 1649. En voici les titres et le résumé: 1o Arrêt de la Cour de parlement pour la diminution des loyers des maisons dans la ville et fauxbourgs de Paris, du 10 avril 1649, in-4. Il est rendu sur neuf requêtes présentées par les locataires des maisons du faubourg Saint-Antoine; par quelques habitants du faubourg Saint-Marcel; par les pauvres bourgeois et chambrelans (logeurs en chambre) de cette ville et fauxbourgs; par les marchands de la salle Dauphine et des autres parties du Palais, notamment Réné Autié; par les hôteliers du quartier Saint-Martin; par les locataires des environs du Palais-Royal, rues des Petits-Champs, Coquillière, des Vieux-Augustins; par ceux qui louent en chambre garnie au quartier du Louvre et du Palais-Royal; enfin par les habitants du faubourg Saint Germain.—2o Arrêt de la Cour de Parlement pour la descharge entière des loyers des maîtres du quartier de Pasques, en la ville et fauxbourgs de Paris, rendu en interprétation de celui du 10 avril dernier, avec réglement pour les baux du 14 avril 1649, in-4. Cette sentence, que M. Moreau a consignée sous le no 264 de son excellente Bibliographie des mazarinades, est rendue sur requête présentée par des habitants de la Draperie, de la Barillerie, par des marchands du Palais, «par Florent Martel, chirurgien ordinaire du roy en son artillerie, et autres, tous particuliers demeurant en l'isle Notre-Dame»; par les locataires des maisons sises rues Saint-Honoré, Frementeau (sic), des Bons-Enfants; par Jean Lemoine et autres locataires principaux des maisons «baties sur le pont Marie et esles d'iceluy»; et ceux qui louent en chambres garnies rues des Poulies, du Louvre, du Coq, de Champfleury, du Chantre, de Jean-Saint-Denis, Frementeau, de Beauvais, Saint-Thomas du Louvre; par les cabaretiers de la place Maubert et environs; par les pauvres bourgeois «demeurant en la Villeneuve-sur-Gravois, les Petits-Carreaux aboutissant en la rue Mont-Orgueil, cour de Miracle, rue appelée la rue Neuve-Saint-Sauveur, rues de Cléry, de Bourbon, et autres rues adjacentes, sur le chemin qui conduit vers la Nouvelle-France et Montmartre».—3o Arrest de la Cour de Parlement en faveur des locataires et sous-locataires des maisons de la ville et fauxbourgs de Paris, pour leur descharge du loyer de Pasques dernier, avec reglement pour les baux, rentes foncières et autres constituées pour la construction des bâtiments, donné sur les requestes des proprietaires des dites maisons, et pour l'execution des arrêts precedents, des 10 et 14 du present mois et an, du 27 avril 1649, in-4.—4o Arrêt de la Cour de Parlement portant confirmation des arrêts des 10 et 14 de ce mois, pour la descharge du terme de Pasques, avec deffense aux propriétaires de presenter aucune requeste. Paris, Michel Metayer, demeurant isle Notre-Dame, sur le pont Marie, au Cygne, in-4. C'est d'abord la supplique de P. Chaoues, marchand fripier, artisan bourgeois de Paris, locataire d'une portion de maison sise au coin de la Petite-Friperie. Elle est dirigée contre maître Charles Fustel, bourgeois de Paris, qui, «en depit des arrêts precedemment rendus pour la descharge du loyer echu à Pasques», a fait saisir les meubles du requérant. Vient ensuite l'arrêt qui donne droit à la supplique, dans un dispositif où se trouve cette phrase, dejà en substance sur le titre: «Faict deffense de presenter aucune requeste en nom collectif des propriétaires.»—5o Arrest de la Cour de Parlement pour la descharge entière des loyers des maisons du quartier de Noël, escheu à Pasques dernier, du 19 may 1649. A Paris, chez Jean Brunet, rue Neuve-Saint-Louys, au Canon-Royal, près le Palais. Il est rendu sur une requête signée par un grand nombre des marchands qui figurent aussi dans celle que nous reproduisons. Ils ont leurs boutiques au Palais, aux grandes et petites salles, aux galeries des prisonniers en la Cour, «et aux environs des gros murs du Palais, rue Barillerie, et sur le Pont-aux-Changeurs». Ils objectent que ce qui les a engagés à se charger desdits loyers «a esté l'esperance qu'ils ont eue que le commerce et les manufactures, ausquels ils se sont appliqués les années dernières, continueroient comme du passé; mais il en arrive autrement dans les rencontres des barricades, suivies du blocus de Paris; et le malheur de ce temps a esté tel que tout le commerce des suppliants a esté ruiné; ils ont mesme perdu l'occasion des foires Saint-Germain, de Rennes et de Caen, pour lesquelles ils auroient preparé et où ils avoient accoustumé de debiter grand nombre de marchandises, qui leur sont demeurées inutiles pour estre changées de mode et de prix; et les suppliants ont encore souffert beaucoup de pertes au sujet des assemblées presque continuelles de la Cour, occupée aux affaires publiques, pendant lesquelles lesdits suppliants ont esté obligés de tenir presque toujours leurs boutiques fermées.»—En 1652, époque de la dernière Fronde, qui fut signalée par une nouvelle crise de misère, les requêtes des locataires recommencent. Celle que nous publions ici en est un exemple. Mais nous n'avons pu trouver l'arrêt qu'elle dut motiver, non plus que celui qui donna sans doute raison à une autre supplique du même genre, signée de Lefèvre, avocat au Conseil. Voici le titre de cette pièce, rappelée par M. Moreau, sous le no 3504 de sa Bibliographie des mazarinades: Requête presentée au roi, en son château du Louvre, par les pauvres locataires de la ville et faubourgs de Paris, le jeudi 24 octobre 1652, pour les exempter du paiement des termes de Pâques, Saint-Jean et Saint-Remy derniers. Paris, Noël Poulletier, 1604, in-4. On ne s'en étoit pas tenu alors à ces requêtes contre les propriétaires; quelques uns, notamment un nommé de Verneuil, avoient eu le projet de les faire financer par force pour les fonds nécessaires à l'expulsion du Mazarin. M. Moreau (no 2772) a donné une curieuse analyse du placet où se trouve émise cette singulière idée: Placet presenté à Son Altesse Royale par Jean Le Riche, sieur de Verneuile (sic), bourgeois et habitant de Paris, sur le moyen qu'il a donné à messieurs les princes de faire le dernier effort pour chasser le cardinal Mazarin sans fouler les peuples. Paris, veuve Marette, 1652, 7 pages, très rare, signé Verneuil. «Ce Verneuil, dit M. Moreau, propose de prendre aux propriétaires le quart du quartier échu à Pâques dernier, et offre d'en faire la recette. Il offre en outre de vendre deux maisons, l'une à la ville et l'autre à la campagne, pour les frais de la guerre et pour le prix de la tête de Mazarin!»
[62]: V. sur ce chef de bandes une pièce de notre t. 1er. Celle-ci contient quelques faits nouveaux sur lui et sur les bandits qui pilloient à son exemple et renchérissoient même sur ses ravages. On peut voir, au sujet de ces picoreurs du parti des princes, notre t. 5, p. 215, et le t. 6, p. 324, note 2.
[63]: V. t. 1er, p. 293, note.
[64]: Ce que fit le brigand Carrefour, enrôlé quelque temps dans le parti du duc de Nevers, est bien une preuve de la vérité de ce qu'on lit ici.
[65]: Cette exclamation revient comme une sorte de refrain à la fin de plusieurs paragraphes.
[66]: C'est à peu près ce qu'on lit textuellement dans la pièce de notre t. 1er, p. 294.
[67]: Guillery poussoit en effet ses entreprises jusqu'à Rouen; v. t. 1er, p. 298. Le coup de main dont le récit suit ne se trouve pas raconté dans la première pièce que nous avons donnée.
[68]: Cette devise de Guillery est donnée autrement dans le Journal de l'Estoille (11 sept. 1608): «Ils avoient pris pour devise, qu'ils avoient affichée en plusieurs arbres de grands chemins: Paix aux gentilshommes, la mort aux prevosts et archers et la bourse aux marchands. Ce qu'ils ont réellement exécuté maintefois, ayant tué tous les prevosts et archers qui estoient tombés entre leurs mains et devalisé les marchands. En sorte que, dans ces derniers temps, personne n'ose negotier ni aller aux foires à trente et quarante lieues de la retraite de ces voleurs.»
[69]: Les mots picoreur, picorer, que Ménage, d'accord en cela avec le Dictionnaire des rimes de La Noue, p. 35, dérive du latin pecorare, enlever des troupeaux, étoient arrivés dans la langue vers le temps d'Estienne Pasquier. Voir ses Recherches de la France, livre 3, ch. 8. On se rappelle la jolie phrase des contes d'Eutrapel sur ces gens de maraude «accoustrés de bons habillements que la damoiselle Picorée avoit faits et filés». Ce n'étoit pas seulement au temps des guerres que les soldats vivoient de ces pillages, ils n'en faisoient pas moins lorsqu'ils alloient pacifiquement par les provinces à la suite du roi. Un des Nouveaux satires d'Angot, sieur de l'Eperonnière, intitulé Les picoreurs, nous apprend ce que le voyage de Louis XIII, en 1620, coûta ainsi aux riches campagnes de la Normandie: