[147]: Lapin. D'après l'ordonnance de février 1567 sur la police des tavernes et cabarets, le prix du connil de garenne est marqué à six sous, et celui du connil de clapier à trois.

[148]: On sait qu'au moyen âge on servoit sur les tables des paons rôtis.

[149]: En 1567, le gros ramier se vend trois sols, et le bizet vingt deniers. Ce sont les prix de l'ordonnance du mois de février.

[150]: D'après le Reglement du prevost de Paris donné le 17 octobre 1601, on payoit 45 livres de gages au premier valet de charrue, 25 livres aux autres valets, 12 livres à la ménagère, 36 au maître berger.

[151]: L'altération des monnoies étoit aussi alors un des grands sujets de plainte. Jean Bodin, qui veut entre autres choses qu'on réduise «toutes les monnoies à trois sortes et au plus haut titre qu'il sera possible», s'occupe longuement de cette question. Elle est abordée avec plus de détail et de compétence encore dans le Traicté et advis sur les poincts controversez au faict des monnoyes (par François Le Bogue, advocat général du roy en la Cour des monnoyes). Paris (1600), in-8. On y trouve, p. 12-14, un chapitre des Pieces fausses et altérées. Les monnoies du cardinal de Bourbon, ayant, dit l'auteur, «l'effigie et legende d'un roi imaginaire», sont du nombre. Elles avoient cours, «à notre grande confusion», dit Le Bogue, et, à ce qu'il paroît, en grand nombre.

[152]: La plupart des détails qui suivent se trouvent aussi dans le Discours de Jean Bodin, mais avec moins d'étendue. Du Haillan, contre son ordinaire, développe au lieu de résumer. Il s'agit de faits historiques, et l'historiographe, s'y laissant prendre, bavarde malgré lui.

[153]: Du Haillan s'inspire ici directement et presque textuellement de Jean Bodin, qui voit, lui aussi, dans l'abondance de l'or circulant alors en France, une des grandes raisons du renchérissement général, la cause «principale et presque seule, que, dit-il, personne jusques icy n'a touchée»... M. H. Baudrillart (J. Bodin et son temps, Paris, 1853, in-8, p. 169) loue en cela la sagacité de ses appréciations et la portée de ses vues. M. Paul Lacroix, qui ne peut nier que, sous le rapport de l'accroissement du numéraire, cette période du XVIe siècle ressemble beaucoup à notre époque inondée par l'or de la Californie et de l'Australie, trouve aussi beaucoup de justesse dans le raisonnement de Bodin, dans les expédients qu'il propose, lesquels, dit M. Lacroix, «l'économie politique du XIXe siècle ne sauroit repousser ni dédaigner complétement». (Revue contemporaine, 31 déc. 1856, p. 357.)

[154]: Bodin parle ainsi du monopole organisé en véritable conspiration contre l'acheteur, et qu'il propose d'anéantir, comme le vouloit le chancelier Poyet, par le retranchement des confréries: «Rien, dit-il, n'est aussi considerable comme occasion de cherté que les monopoles des marchands, artisans et gaigne-deniers; lorsqu'ils s'assemblent pour asseoir le pris des marchandises ou pour encherir leurs journées et ouvrages, et parceque telles assemblées se couvrent ordinairement du voile de religion, le chancelier Poyet avoit sagement advisé qu'on devoit oster et retrancher les confrairies, ce qui a esté confirmé à la requeste des Estats d'Orléans, tellement qu'il n'y a point faute de bonnes loix.» Seulement il faudroit les exécuter. Bodin ne le dit pas, mais ce n'est pas faute de le penser. Du Haillan reviendra plus loin lui-même sur cette idée de supprimer les confrairies.

[155]: Encore une idée de Bodin. Il en vient à dire qu'en raison des dégâts de la traitte qui fait passer en Espagne et en Flandre tout le blé françois, on doit presque souhaiter d'avoir la guerre avec les Espagnols; tant qu'elle dure, en effet, le grain ne sort pas de France et le pain est à meilleur marché. Il s'explique ainsi sur l'avidité des Espagnols et des Portugais à se jeter sur nos grains, leurs terres étant presque toutes incultes, à cause des expéditions d'outre-mer, qui enlevoient tous les bras disponibles: «Or, dit-il, il est certain que le blé n'est pas si tost en grain que l'Espagnol ne l'emporte, d'autant que l'Espagne, hormis l'Aragon et la Grenade, est fort sterile, joint la paresse qui est naturelle au peuple, comme j'ay dit, tellement qu'en Portugal les marchands blattiers ont tous les priviléges qu'il est possible, et, entr'autres, il est défendu de prendre prisonnier quiconque porte du blé à vendre, autrement le peuple accableroit le sergent, pourvu que celuy qui porte le blé dise tout haut: Traho trigo, c'est-à-dire je porte du blé.»

[156]: J. Bodin parle aussi du goût croissant pour les tableaux et du haut prix qu'on y mettoit: «Nous en avons, dit-il, de Michel-Ange, Raphaël Durbin, de Durel (Durer), et, sans aller plus loing, un de M. de Clagny (P. Lescot) en la galerie de Fontaine-Beleau, qui est un chef-d'œuvre admirable que plusieurs ont parangonné aux tableaux d'Appelles... C'est donc, en partie, ajoute-t-il, le plaisir des grands seigneurs qui fait les choses enchérir.»