[157]: Du Haillan, remarquez-le, écrit en 1586; or, en 1578, Malestroit se plaignoit de même, ce qui prouve qu'alors les années se suivoient et se ressembloient, c'est-à-dire étoient toutes désastreuses. Selon Malestroit, l'année 1578 avoit été tellement mauvaise qu'il eût été injuste d'évaluer d'après elle le prix courant des denrées. «Pour en faire le compte, dit-il, parlant des marchandises qui sont plus périssables, comme bled, vins, etc., il n'est pas raisonnable de nous fonder sur cette année, qui est la plus estrange et irregulière qui ait, par aventure, jamais été vue en France, que les bleds et vins ont esté quasi tous perdus, voire le bois des vignes et les noyers gelez.» (Les paradoxes du seigneur de Malestroict, conseiller du roy et maistre ordinaire de ses comptes, sur le faict des monnoyes, presentez à Sa Majesté au moys de mars MD. LXXVI. Paris, 1578, in-8, sans pagination.)

[158]: Aujourd'hui l'on diroit le cœur. Léon Trippault, dans ses Antiquités d'Orléans, se sert de la même expression pour la ville dont il parle, quand il dit qu'elle est le nombril de Loyre.

[159]: Ce commerce d'échange se faisoit surtout pour les menus objets. A Rome, les petits marchands d'allumettes ne demandoient pas d'argent, mais seulement du verre cassé. V. Juvenal, sat. 5, v. 47; Stace, Sylves, liv. 1, sylv. 6, v. 72. A Paris, au moyen âge, le pain se vendoit comme monnoie courante: on le voit par les Crieries de Guillaume de Villeneuve. A Londres, on entendoit partout crier: L'eau pour le pain; les fagots pour le pain; l'aiguille pour le vieux fer; des balais pour de vieux souliers (Old shoes for some broom)!

[160]: Aussi ces mines, comme la plupart de celles de l'Europe, avoient-elles été abandonnées. V. Monteil, Hist. des François des divers états, édit. Lecou, XVIe siècle, p. 257, et aux notes, p. 73-74.

[161]: Sur la richesse de ce commerce en France, voy. notre t. 3, p. 3, note.

[162]: Le meilleur venoit de France, surtout d'Angoulême. C'est là que les Elzeviers se fournissoient. Jusqu'au 18e siècle l'Angleterre s'approvisionnoit encore chez nous. V., sur la cherté du papier dans ce pays à cette époque, Le pour et le contre, de l'abbé Prevost, t. 1, p. 323.

[163]: Sur cette précieuse monnoie, dont on attribuoit la fabrication à Raymond Lulle, V. la Notice de M. de Lécluze sur cet alchimiste, p. 28, et le Rabelais, édit. Variorum, t. 2, p. 344.

[164]: Bodin dit la même chose: «Cela fait, écrit-il, que l'Anglois, le Flameng et l'Ecossois, qui font grande trafique de poissons salez, chargent bien souvent de sables leurs vaisseaux, à faute de marchandises, pour venir acheter notre sel à beaux deniers comptant.»

[165]: Ce mot étoit alors du féminin. La citation donnée dans la note précédente en est un exemple. On lit aussi dans Des Periers (conte XI): «Une jeune femme... fut mariée à un marchand d'assez bonne traficque.»

[166]: Sur l'importance et l'étendue de notre commerce d'exportation à cette époque, voyez plusieurs pages très curieuses de la Galerie philosophique du XVIe siècle, par de Mayer, t. 2, p. 323-326. V. aussi le Discours de Bodin.