[196]: Dans son livre Secret des finances, cité tout à l'heure, Froumenteau fait le compte des pertes de toutes sortes que fit la France pendant les guerres de religion: «36,300 preudhommes y ont été massacrés, dit-il; 1,200 femmes ou filles y ont été estranglées ou noyées; 650,000 soldats, tous naturels françois, y ont perdu la vie. Bref, cette litière est couverte de plus de 765,000 livres perdues, à l'entour de laquelle vous y voyez 12,300 femmes et filles violées; elle est esclairée de plus de 7,000 ou 8,000 maisons qui ont esté brûlées.»

[197]: Chichement. Pour donner du mot échars et de ses dérivés un exemple qui se rapporte aux faits contenus dans cette pièce, nous rappellerons qu'on se servoit du verbe écharser pour exprimer la diminution imposée au titre d'une pièce de monnoie. V. Ordonnances des rois de France, t. 2, p. 428.

[198]: Sur les dégâts commis par les gens de guerre dans les pays qu'ils étoient chargés de défendre, V. plusieurs pièces des tomes précédents, et, dans celui-ci, p. [77], note. V. aussi Journal de Henri III, édit. Petitot, p. 292, 293. «Les soldats en étoient venus à un tel degré d'insolence, dit l'ambassadeur vénitien Jérôme Lippomano, qu'ils prétendoient pouvoir vivre de pillage.» Relat. des ambassad. vénitiens (docum. inédits, t. 2, p. 380.)

[199]: V. l'une des notes précédentes, au sujet de la mesure prise par Poyet contre les confrairies. C'est aussi en haine de ces corporations engraissées par le monopole que parut l'ordonnance royale déclarant qu'un maître reçu à Paris pourroit exercer son métier dans toute la France. (Isambert, Anciennes lois françoises, t. 14, p. 399.)—«C'étoit presque affranchir l'industrie du monopole des corporations», dit M. Chéruel (Histoire de l'administration monarchique, etc., t. 1, p. 225).

[200]: Taxes.

[201]: Tout ce que du Haillan va dire sur la liberté du commerce: et l'utilité du libre échange est encore emprunté au Discours de Bodin, dont M. H. Baudrillart ne peut, en cela, trop louer la hardiesse et l'élévation des vues (J. Bodin et son temps, p. 176-177). Le système prohibitif, qui s'est si bien perpétué en France, y étoit nouveau alors. Il a pour vrai parrain chez nous le ministre de Charles IX, René de Birague, qui fut chancelier depuis la mort de Lhôpital jusqu'en 1578. Il importoit d'Italie ces idées qui sont aujourd'hui si difficiles à extirper de notre sol. «Il posa le premier en principe, dit M. Baudrillart, la double defense de faire sortir du pays les matières propres à la fabrication et d'y faire entrer les produits des manufactures étrangères.» (Id., p. 14.)

[202]: Du Haillan ne donne guère ici que le détail des choses que nous exportions alors en Angleterre, et dont on trouve le compte plus étendu et plus circonstancié dans la Galerie philosophique de de Mayer, t. 2, p. 323. Quelques unes des marchandises que l'Angleterre nous envoie aujourd'hui, couteaux, peignes, clincailleries (sic), figurent parmi celles que nous lui envoyions alors. On y trouve aussi des miroirs, du papier, comme nous l'avons déjà dit, des cartes. Ce dernier commerce, dont le centre étoit à Rouen, s'étendoit très loin. L'Espagne ne s'approvisionnoit que chez nous, pour elle et ses colonies. V. Archives curieuses, 2e série, t. 12, p. 230, année 1695.

[203]: Lisez fustet. C'est un arbre qui croît en Provence et en Languedoc, et dont la racine et l'écorce servent pour la teinture, tandis que les feuilles sont employées par les corroyeurs.

[204]: Sur l'abus du monopole des marchands de blé, dont il a déjà été parlé, V. notre t. 3, p. 316-317.

[205]: A la fin d'avril 1620, Louis XIII s'étoit mis en route pour aller jusqu'à Tours se réconcilier avec sa mère. A peine étoit-il à Orléans, que Luynes, qui le conduisoit, changea de pensée et le ramena brusquement à Paris; de là ce compliment poétique. Le départ avoit du reste soulevé bien des plaintes. V. notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 57, note 2.