Puis voici les reines qui viennent, et toutes les dames qui se démasquent et les saluent:
Amy, voicy venir les reines
Avec autant de majestez
Que toutes les divinitez,
Qui sortent du bois de Vincennes;
Il faut que tant d'astres errans
Qui paroissent dessus les rangs
Deviennent fixes à leur veue:
Il se faut descouvrir icy,
Que Cloris n'est-elle veneue!
Je la verrois sans masque aussy.
Ces ombrages autour de l'Arsenal faisoient dire à Cl. Le Petit dans son Paris ridicule:
Le sujet quadre-t-il au nom?
On y compte plus de mille arbres,
Et l'on n'y voit pas un canon.
[210]: Cette ordonnance est du 21 février 1565. Je ne sache pas qu'elle ait jamais été recueillie.
[211]: Sur la conduite des domestiques au XVIe et au XVIIe siècle, on peut lire avec fruit: De ceux qui servent à gages ès maisons des grands seigneurs et bourgeois, par Jean des Gouttes, Lyon, Fr. Juste, 1537, in-16; Flaminio et Colomana, ou Miroir de la fidélité des domestiques, par J. P. Camus, Lyon, 1626, in-12.
[212]: En 1628, ces sortes de livrets exigés des domestiques et des maîtres furent remplacés par d'autres formalités. On créa un bureau où tout serviteur devoit être enregistré et avoir son signalement; en 1690 ce bureau existoit encore dans la cour Lamoignon; toute personne venant à Paris pour exercer un métier devoit, aussi bien que les domestiques, aller s'y faire inscrire. (Hurtaut, Dict. histor. de la ville de Paris, t. 1, p. 701-702.) Il étoit défendu aux domestiques de rester hors de service. La fille de chambre trouvée sans condition étoit fouettée et on lui coupoit les cheveux; l'homme de chambre étoit envoyé «en galère». L'hôtelier qui les logeoit étoit condamné à de fortes amendes; après une double récidive, on confisquoit sa maison au profit de l'Hôtel-Dieu. (Delamare, Traité de la Police, tit. 9, Juridict. du prévôt de Paris, ch. 3.)
[213]: V., sur la famille, Colletet, notre t. 4, p. 161.
[214]: Anne de Joyeuse, duc, pair et amiral de France, l'un des favoris de Henri III. Il fut tué cette même année, le 20 octobre, à Coutras.
[215]: Jean de Beaumanoir, marquis de Lavardin, fait plus tard maréchal de France. Il avoit d'abord servi dans les rangs des huguenots. Il étoit colonel de l'infanterie françoise depuis 1580; il mourut en 1614.